Etienne Mineur archives

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mardi 2 février 2010

pourquoi Steve Jobs n’aime pas Adobe?


--> image trouvée sur zazzle.com.

Juste quelques mots concernant la « petite guerre » que livre Apple contre Adobe Flash.
Mais avant de renter dans des guerres de religions, je dois dire que personnellement je suis totalement agnostique concernant les technologies, je passe de Flash (AS2 et maintenant AS3), à Processing, Html, PHP, Arduino, OpenFrameWork... suivant mes besoins (je suis totalement opportuniste;-) de plus je ne suis pas développeur mais un designer qui essaye d’être autonome pour réaliser ses prototypes interactifs (que ce soit pour le Web, pour la téléphonie ou même pour des objets communicants).

Si il existe une nouvelle alternative permettant de développer « simplement » tout en gardant des qualités typographiques et graphiques je suis preneur, de plus je pense qu'il existe une place pour un environnement de développement se situant entre Flash et Processing (je pense principalement aux étudiants en design), même si durant ces 20 dernières années beaucoup ont essayé (HyperCard, Supercard, mTropolis, Magic, Silverlight...)

Sur iPhone nous n'avons pas de Flash et cela risque de continuer longtemps. Lors de la présentation de l’iPad nous avons aussi pu voir que Flash n'était pas le bienvenu.
C’est assez curieux pour une machine spécialisée dans la navigation internet (qui se retrouve donc être une machine totalement fermée, tout comme l’iPhone). On va surement utiliser cette machine, affalé dans son canapé (je ne vois pas trop d'autres positions pour tenir cet ordinateur) en surfant mollement de site en site, bref on va vraiment arriver au Casual Computing d’Apple (qui délaisse totalement la partie professionnelle et création au profit de device uniquement de lecture).

Steve Jobs accuse Flash d’être le responsable de presque tout les crashs sur Mac, d’être le mal absolu et de se lancer donc un procès en sorcellerie (que des milliers de fidèles suivent, bref on se retrouve vraiment au moyen-age;-). Il s’autorise donc a refuser ce langage sur ses machines.
Je trouve cela totalement de mauvaise foi car Flash (ou AS3) est un langage comme les autres et si il est mal utilisé fera en effet planter ou ralentir fortement votre machine. Mais si il est utilisé d’une manière cohérente sera tout à fait satisfaisant (même si je suis d'accord pour dire que sur Mac, le player Flash est un peu groumant et qu’une petite cure d’amaigrissement serait la bienvenue). Depuis l’arrivé de l’ActionScript 3 et d’outils comme FlashBuilder ou FlashDevelop (merci Ugo), on se retrouve dans un environnement de développement classique qui ne va pas beaucoup dépayser les développeurs.
La comparaison de HTML 5 comme alternative est aussi amusante, en effet nous pouvons comparer les possibilités du HTML 5 avec Flash, mais dans sa première version d’il y a dix ans (je parle des possibilités techniques et graphiques).
Le HTML 5 sera très bien pour faire des players vidéos et des améliorations des sites web actuels (mais il va encore exister des problèmes de compatibilité entre les différents navigateurs...).
De plus je comprend parfaitement les YouTube et autres Dailymotion, voulant s'émanciper de Flash pour les vidéos, c'est totalement logique pour des sites comme ceux là de ne pas être dépendant d’une seule technologie. Par contre qu’une machine que j’achète, m'interdise l'utilisation de Flash, de java ou tout autres langages est absolument scandaleux, ce serait comme si ma télé m’interdisait d’aller voir TF1 car le PDG de Sony ne trouve pas cette chaine de télé bien pour moi.

Mais pourquoi cette haine de Steve Jobs envers Adobe, alors que l’on peut affirmer qu’Adobe à vraiment sauvé Apple au début des années 90 avec sa suite pour la PAO, en effet sans PhotoShop et Illustrator sur Mac c’était au-revoir Apple.

• raison n°1 : Apple refuse absolument qu’une application ne passe pas par son App Store (source de revenue importante pour Apple), Apple veut contrôler absolument tout sur ce qui se passe sur votre machine. Si nous avions du flash sur iPhone, nous pourrions avoir un grand nombre d’application sur Safari via le plugin Flash et cela sans passer par l’App Store d’Apple. Steve sait très bien que le cœur de la guerre ce sont les applications et non pas le HardWare (comparer les applications Nokia et Apple!).

• raison n°2 : Steve Jobs adore avoir des ennemis (avant c'était IBM, puis MicroSoft, maintenant c’est Google et Adobe, demain ce sera ...), surement une stratégie marketing très sophistiquée...

• raison n°3 : Steve Jobs entretient envers Adobe une vieille rancune, car une des raisons de l’échec (relatif) du NeXT fut qu’Adobe n’a jamais commercialisé PhotoShop sur cette machine (Adobe a uniquement sorti Illustrator au début des années 90), ce fut rédhibitoire pour la communauté des graphistes et designers de cette époque (le principal marché d’Apple et donc du futur NEXT à cette époque). Personnellement en sortant de l’école, au moment de faire le choix d’acheter une machine je rêvais d’avoir un NeXT (définitivement la plus belle machine de toute l’histoire de l’informatique), mais je me suis retourné sagement vers un Mac (un Quadra 700) car il y avait PhotoShop (et aussi Xpress).

Conclusion, Adobe va permettre de compiler des applications pour iPhone et surement iPad directement en AS3 (avec le nouveau Flash CS5), nous allons avoir un grand nombres d’applications développées en AS3 disponibles sur l’App Store d’Apple, Adobe va vendre des camions de Flash CS5 et Apple des tonnes d’applications (développé sous flash) sur son App Store + des licences développeurs à $99 l’année, et tout le monde sera contents.

--> pour compléter avec un avis différent le blog de Jean No.

mercredi 27 janvier 2010

esad de Strasbourg

La section communication des arts décoratifs de Strasbourg est menacée de fermeture par la nouvelle direction (à vérifier car je n’ai pas trouvé de communiqué de presse, ni de texte officiel sur le site de l’école). Honnêtement je ne comprend pas trop cette histoire (je ne suis pas rentré dans les détails et j’espère que ce n’est pas une gué-guerre entre section Art et Communication). Les sections illustration, graphisme et didactique visuelle sont très connues pour leurs qualités (j’ai pu faire des WorkShops dans cette école et je confirme) et nous avons même à Incandescence une brillante ancienne élève de la section communication de cette école :-).
Bref voici une nouvelle très étrange pour une école si brillante.

--> la pétition en ligne.

mardi 12 janvier 2010

quelques photos

Voici quelques photos prisent cette semaine que je viens de retrouver dans mon iPhone.

Pour la SNCF, c’est donc une particularité d’être à l’heure pour un train (ce que je vous confirme, si vous prenez régulièrement le train Paris-Genève le matin, il arrive très très rarement à l’heure à destination).


Au début je n’avais pas vu le petit « roman » en dessous, je croyais qu’il s’agissait d’un livre-enquête concernant Sulitzer;-)

Une très belle signalétique qui informe bien de l’état de l’organisation de la vaccination de la grippe A.


Grand rangement, et au fond des tiroirs une jolie collection de cassettes VHS (vous vous rappelez, ces grosses choses que l’on glissait dans son magnétoscope et qui s’abimait plus on les regardait).

mardi 5 janvier 2010

bonne année Orange

Voici un de mes premiers SMS que j’ai reçu pour la bonne année ;-)
Tu as dépassé ton forfait « illimité » et tu vas être puni! Pédagogiquement (et commercialement) je ne suis pas sûr que punir soit très efficace.


ps : Ce dépassement est surement dû à mon utilisation de Spotify, et j’ai aussi prêté mon iPhone pendant ces vacances à des adolescents pendant deux jours (donc deux jours sur FaceBook ;-)

dimanche 3 janvier 2010

mes prédictions pour 2015

Pour fêter cette nouvelle année que je vous souhaite très belle, je me lance modestement (comme monsieur Cavazza) dans un exercice un peu délicat par cet après midi pluvieux : regarder dans une boule de cristal et voir l’avenir de ces années 2010-2015 (je reste dans le domaine des nouvelles technologies, n’ayez pas peur, je ne me lance pas dans des prédictions concernant les effets du changement climatique planétaire et la faim dans le Monde).
Je donne des dates précises et en 2015 je relirai ce billet, histoire de bien rire.
Je vous accorde que certaines de mes propositions sont un peu fantaisistes, mais je suis sûr que l'avenir le sera encore plus, on verra bien...

la presse en ligne

2010
Le modèle économique lié à la pub en ligne ne marche définitivement pas, les journaux arrivent (ou pas) à trouver un modèle économique pas uniquement basé sur la pub (l’édition classique ne colle pas de pub sur un roman de Le Clézio par exemple). L’édition est arrivée à trouver un équilibre (fragile) économique sans pub, pourquoi la presse n’y arriverait-elle pas ?
De plus ce n'est pas grâce aux subventions dans le cadre du fonds d'aide aux « services de presse en ligne » que ces journaux vont sortir de leurs problèmes financiers, sans parler de l’image désastreuse que cela donne de leur indépendance.
Se développent donc des systèmes d’abonnement et de micropaiement à l’article.
Les journalistes arrêtent de faire du « copier-coller » entre la version papier et la version électronique, arrêtent de recopier les brêves de l’AFP... et le lecteur sur le web se sent donc mieux considéré et moins agressé par la pub incessante et commence à lire réellement les articles.
Va aussi se développer un nouveau mode de lecture approprié aux spécificités du support interactif. Par exemple, la vidéo et l’audio sont beaucoup mieux intégrés aux textes des articles. Les illustrations interactives (design d’information) se développent énormément et permettent de faire comprendre beaucoup plus facilement les masses de données de plus en plus importantes.
Nous avons la possibilité de se faire nos propres graphes de données, nos illustrations... à partir des flux de données. On s’abonne à des flux de données (AFP, ou autres organismes collectant de grandes masses d’informations) et nos outils personnalisés nous permettent de visualiser de manière compréhensible et didactique des informations très complexes.
On pourrait avoir par exemple un très bon dossier concernant un sujet aussi sensible que le changement climatique avec des graphes dynamiques liés aux dernières données disponibles... Voir les différents avis contradictoires, les différents intervenants, les conflits d'intérêts, les commentaires, les statistiques scientifiques... bref avoir un dossier, un documentaire dynamique et visuel permettant aux lecteurs de se faire un avis. Ce genre de dossier/documentaire pourrait aussi s'adapter aux niveaux des lecteurs avec différents niveaux d'approfondissements. Le journaliste se retrouve donc en chef d’orchestre permettant de nous guider dans cette masse d’informations toujours de plus en plus importante.

L’AFP sort une version gratuite de ses dépêches (sous forme de flux RSS lisibles sur le web et n’importe quel téléphone) et force Libération, Le Monde, le Figaro... à avoir enfin des articles originaux et pertinents.
Développement de nombreuses applications spécifiques sur mobiles permettant de suivre des informations très pointues (quels que soient les canaux de diffusion, blog, twitter...).
La presse généraliste perd beaucoup de terrain face à la presse spécialisée.

2011
Développement par les journaux de logiciels spécifiques de visualisation permettant d'appréhender des informations d’une manière différente et interactive. Changement radical dans la notion du métier de journaliste par rapport à l’information. Tout comme les notions d’auteur en musique et en Art ont beaucoup changé ces dernières années, le journaliste ne nous donne plus la « vérité » mais au contraire nous aide à naviguer (hiérarchiser, trier, comparer...) dans l’information grâce à des outils de visualisation. Nous avons une nouvelle spécialité qui apparaît dans les rédactions, l’algorithmie informationnelle ou journalistique.
Les skimmers et autres système de hiérarchisations du contenu (car après avoir fait disparaître les journalistes il faut bien trouver des remplaçants) remplacent donc la majorité des journalistes.
Les journalistes deviennent des algorithmes.
Les éditorialistes deviennent des bloggeurs.
Les journalistes engagés politiquement deviennent des algorithmes politiques ?
« Journaliste n’est plus un métier d’avenir ! », dit Éric Schmidt le pdg de Google lors d’une conférence montrant un nouvel outil de visualisation de données. Nos journaux en ligne deviennent de vrai petit objet intelligent personnel générant en temps réel des images et des illustrations suivant l’actualité, nos intérêts, notre historique et ceux de nos amis (les réseaux sociaux sont aussi mis à contribution pour une hiérarchisation pertinente des informations).

2012
Abandon total (ou presque) des versions Web des journaux en ligne pour se focaliser uniquement sur les versions mobiles et papier. La parution des versions papiers ne se fait dorénavant que deux fois par semaine (constituée d’articles de fonds + beaucoup de photos et d’illustrations + analyse des commentaires des lecteurs de la version online).
Les versions mobiles se focalisent au contraire du papier sur l’actualité chaude et très récente.
Les versions papiers sont dorénavant dans un format plus petit et plus pratique, certains journaux passent même au format A5, permettant de se glisser sous un TabletPC.
90 % des lecteurs de ces journaux n'utilisent que leurs mobiles (ou mini-tablette) pour lire les nouvelles.
Les versions Web classique, ne servent que de teaser et de système de référencement pour Google.

2013
Libération et le Monde sortent une version conjointe sur tissu électronique de leurs journaux. Il s’agit d’un petit bout de tissu vidéo se plaçant au niveau de l’avant-bras sur sa chemise permettant de suivre l’actualité en direct.
Étonnamment, ce petit « device » devient très vite à la mode et devient un objet de luxe. Suivant sa couleur et les motifs (animés) que l’on porte, on peut se distinguer. En effet certaines couleurs et certains motifs sont uniques et sont donc très recherchés (et donc très chers). Un nouveau « luxe » apparaît, lié à la rareté numérique (savamment orchestré par les marques de luxe et des sociétés spécialisées dans la sécurité numérique). Il devient donc très chic de porter des bijoux, des vêtements assortis à ses « devices » numériques.

les eReaders

2010
l’iPhone et les téléphones sous Androïds remplacent les eReaders avec des applications comme Stanza.

2011
Les liseuses (c’est le nom français des Kindle et autres eReader...) évoluent massivement vers des tablet-PC utilisant à la fois de l’encre électronique et un écran Oled superposé, cela permet donc suivant les cas d’avoir de la vidéo couleur et dans d'autres cas d’utilisation une grande économie d’énergie. Ce genre de tablette va se généraliser et remplacer les ordinateurs dans les foyers dans les prochaines années (sauf chez les professionnels).

2012
Le papier électronique classique (qui va s’assouplir j’espère) va se retrouver utilisé principalement dans la signalétique urbaine, signalétique de bâtiment, du « papier peint » communiquant, publicité murale mais aussi dans les modes d’emplois très complexes mis à jour en ligne. On pourra aussi se faire ses propres Widgets physiques avec ce genre de papier que l’on pourra coller tel des Post-it intelligents dans toutes nos pièces. Ces morceaux de papiers électroniques étant connectés via Bluetooth (ou autre techno) et se mettant à jour régulièrement.

La fin des navigateurs Web

2010
Nous pouvons observer une montée très forte des applications connectées au web sans passer par un navigateur (exemple de NetNewsWire, Spotify, Skimmer... depuis 2008-2009). Ce genre d’application permet de naviguer offline et peut se mettre à jour automatiquement une fois connectée. Les données sont envoyées en Push en toute transparence pour l’utilisateur (exactement comme une application iPhone).
Adobe Flash CS5 permettant de développer assez facilement des applications iPhone, ces applications sont aussi très vite déclinées en version Desktop (il faut « juste » adapter la taille de l’écran et l‘interface souris + clavier).
Les grandes marques préfèrent développer leur propre application permettant de garder un plus grand contrôle formel et ergonomique (avec l’exemple de l’application iPhone de la SNCF, qui est très bien et remplie toit à fait sa fonction sans nous pourrir la vie comme le site Web de cette même SNCF). Ce genre d’application peut garantir un plus grand respect de la vie privée des utilisateurs (pas de pub, pas de spam, et surtout pas de surveillance de la part de Google...).
Le public de toute façon ne fait plus la différence entre « applications web » et « applications Desktop ».

2011
FireFox est totalement délaissé par les utilisateurs à cause de problème incessant d’affichage et de performance. Chrome fait aussi très peur à cause d’une trop grande porosité avec les autres services de Google, tout comme Safari avec Apple et Explorer avec Microsoft. Les utilisateurs se tournent donc vers les applications spécifiques ou vers de « petits » navigateurs indépendants très ouverts, légers et très rapides.

distribution et diffusion des films

2011
la VOD (vidéo à la demande), + le modèle Spotify (une sorte de licence globale pour la musique) se généralise maintenant pour le cinéma et la télé, malgré la résistance des « ayant droit » d’Hollywood (et de France). C’est une question de survie pour les grandes majors. Les films sortent simultanément en salle, et en VOD (le bluRay et le DVD ne font plus que des ventes négligeables). C’est aussi la fin des grilles de programmes de la télé, tout comme à la radio (en 2009 France Culture avec ses podcasts de qualité fait un carton en audience, malgré une audience très faible sur les ondes). Plus personne ne regarde le même film à la même heure (sauf pour les séries américaines en téléchargement). La notion de « journal de 20h » est d’un autre âge. La télé et la radio deviennent des médias asynchrones. Seul le sport garde le temps réel. Nous avons d’ailleurs de le retransmission sportive télévisé augmentée (on peut choisir ses présentateurs, son design d’habillage de chaîne, ses infos, faire ses paris, discuter avec ses amis...).
Nous avons dorénavant une « consommation » socialisée des films, on ne suit plus une grille imposée de programme ou l’avis des journalistes, mais au contraire on se renseigne par le bouche à oreille (Blog, amis, réseaux spécialisés...). Le top de noël 2011 étant d’offrir un film en VOD.
Les séries et films sortent mondialement exactement au même moment afin d’éviter le piratage massif.
Les nombreuses tentatives des constructeurs afin d’imposer le relief au grand public restent un échec, car aucune technologie sans lunette n’a été jugée convaincante (et hop, le relief sera de retour dans vingt ans comme depuis le début des années cinquante).

2012
Par contre le relief commence à être utilisé dans l’industrie du porno avec succès (j’ai mes sources, merci Nicolas ;-). On se retrouve donc à avoir de nombreux films pornos en reliefs sur nos téléphones portables (principal outil de visualisation de films pornographiques depuis l’année 2011).

la fin du Web sur PC

2013
Nous allons avoir la disparition de l’ordinateur dans nos foyers, nous aurons le mobile pour la consultation de service utilitaire (les news, achats de billets, réservations, réseaux sociaux...) et la télé pour le divertissement (aussi bien jeu, que cinéma). La « consommation » de grand spectacle à la télé va se socialiser, nous pourrons ainsi avec nos amis partager à distance le même flux (audio, vidéo, texte) et commenter, jouer... en temps réel sur un spectacle (exemple, regarder un match de foot avec ses amis en Chat devant sa télé).
Donc beaucoup de VOD partageable, l’effet de niche va se poursuivre.
C’est le retour de la télé objet dans nos salons, mais pas des chaînes de télé. TF1 s’effondre (la téléréalité ne se passe plus que sur le web) et devient uniquement un canal de TV achat.

Le grand public se trouve donc avec un téléphone portable connecté et géolocalisé en permanence permettant de lire ses mails, téléphoner, jouer, lire les news, utiliser les réseaux sociaux... Dans son foyer il possède une télé connectée permettant de voir des films a grand spectacle en VOD, de jouer, de chater... par contre il n’aura vraisemblablement plus d'ordinateur (au sens actuel) chez lui. Certains auront aussi une tablette vidéo permettant de naviguer et de visualiser des informations allongé dans son canapé ou son lit (ne jamais sous-estimer le « pouvoir de la flemme » ;-).
Les constructeurs comme Apple arrêteront de faire des machines professionnelles au profit de machine « casual » comme des iPhone ou autre tablette vidéo. Ces machines seront faites avant tout pour de la diffusion de média, mais plus du tout pour de la création de contenu (essayer de taper un long texte sur un écran vidéo!).

On va se construire son propre journal, sa propre télé, sa propre radio sur mesure avec un seul et même logiciel (un super Netvibes-Wasabi par exemple) consultable sur son téléphone, sa tablette ou sur sa télé (tout est en permanence synchronisé depuis 2009).

On ne se préoccupe plus de quelle manière les informations nous arrivent. Les canaux de diffusion sont totalement transparents. Perte de la différence entre un SMS, un flux Rss, Twitter, FaceBook... on mélange les flux asynchrones (mail, blog...) et synchrones (Chat, Twitter...).
Le seul (et principal) problème étant le tri de ces infos par l’utilisateur (voir le rôle des journalistes et des algorithmes au début de cet article).

téléphonie

2010
Le nombre d’applications sur iPhone va se multiplier par deux dans les mois avenirs, grâce notamment au portage de langage de programmation OpenFrame Works et Action Script 3 (version Flash CS5) sur l’iPhone. Dorénavant plus besoin de parler de c ++ ou l’Objective C pour créer son application iPhone. Gros succès chez les étudiants qui vont enfin sortir des applications originales sur ce mobile.
De son côté, Google et Androïd vont commencer à avoir des problèmes. En effet, les Motorola, LG, Samsung ou HTC ont tous adopté très rapidement Androïd en remplacement de Windows Mobile inadapté aux nouveaux usages et surtout payant. Malheureusement chaque constructeur a commencé à modifier sa version d’Androïd, et a faire des interfaces différentes pour chaque nouveau modèle. On se retrouve donc rapidement comme sur Linux, avec des versions différentes tournant sous le même noyau (les distributions). Les développeurs d’applications vont donc se retrouver à gérer pour la même application des OS différents, des interfaces différentes (mono ou multiTouch, trackball, clavier hardware ou virtuel, stylet ou molette...), différentes tailles d'écran, différentes vitesses de processeur... bref on va se retrouver à l’époque de Nokia :- ((((((
Les développeurs vont donc continuer à développer sur l’iPhone, même si cet OS est assez fermé, mais la rapidité de développement et surtout l’uniformité des téléphones Apple vont faire la différence.

2011
Nintendo sort enfin son propre téléphone portable avec deux écrans (il peut donc faire livre numérique une fois ouvert en deux, mais aussi télé, appareil photo, console de jeux...). Il s’agit d’une Nintendo DS HD (deux écrans 640/480 pixels en millions de couleurs et MultiTouch). Afin d’obtenir un grand succès lors de son lancement, Nintendo propose l’intégralité de son catalogue de jeu (depuis la NES) sur ce téléphone en téléchargement gratuit aux premiers acheteurs (et donc énorme succès ;-). En effet, le succès est immense, de plus ce téléphone peut se customiser très facilement et le nombre de gadgets disponibles pour cet appareil est considérable (on pourrait même trouver, sur certains sites, des Sex Toys liés à ce téléphone).

2012
le téléphone portable devient le principal « device » permettant d’accéder au web dans le monde.
Le mobile devient même un système monétaire planétaire (échange de crédits téléphoniques et accès direct aux comptes Paypal), il remplace progressivement nos cartes de crédits, nos billets de train, d’avion...
Il n’existe donc plus de distributeur de billets de banques dans les villes, et les systèmes d’identifications mobiles deviennent le centre d'intérêt de nombreux grands noms de l'informatique et de banques (et bien sûr de pirates). L'identification et les services de cryptages deviennent la clé de voute de tout notre monde marchand numérique.

2013
Paypal + Twitter lancent ensemble leur propre système monétaire et système d’identification sur mobile. FaceBook tente lui aussi de faire la même chose, mais à cause d’une politique beaucoup trop floue concernant les garanties de sécurité, ce projet échoue très rapidement. Google ne se lance pas dans l’aventure car après quelques premiers tests, Google s’est aperçu enfin qu’a force de tout faire, il commençait à faire très peur aux gens.

2014
le marché des mobiles est dorénavant de 40 % pour Apple (Apple ayant réussi à faire des versions Lowcost de son iPhone de première génération), 40 % pour Nintendo et le reste pour HTC... Nokia ayant définitivement arrêté de faire des téléphones (sauf dans le très bas de gamme) et ne fait des PC portables vintages qui reviennent à la mode (exemple d’un design de Dell de 1999).
Il faut aussi noter l’apparition de téléphone à fabriquer soi-même, permettant d’avoir un téléphone pas trop cher et surtout totalement ouvert (grâce a du HardWare OpenSource).

À cause de l’utilisation à outrance des outils de géolocalisation et de pistage des utilisateurs sur les téléphones, le marché des brouilleurs et autres Anomyser explose. Les différentes lois du genre Hadopi X (il s’agit de la dixième itération de cette loi depuis 2009) poussent aussi une majorité de gens à utiliser des réseaux privés (proposé par des banques privées, voir plus bas).

2015
Fabrication et utilisation de la première bombe artisanale électromagnétique par des néoluddites anglais. Ces bombes permettent de détruire toutes puces Rfid et autres mouchards électroniques dans un endroit précis. Ce genre de bombe devient la peur numéro 1 des services secrets des pays occidentaux. On se retrouve à fabriquer des bunkers électromagnétiques dans toutes les sociétés.

Google

2010
Google pose de plus en plus de problèmes liés à la vie privée, depuis les déclarations de son PDG Eric Schmidt.
Les utilisateurs commencent à utiliser de nouveaux moteurs de recherches alternatifs et se tournent vers des outils alternatifs aux Google Docs comme Evernote...

2012
Les deux fondateurs de Google, démissionnent brusquement de Google en 2012 sans aucune raison.

2013
Google se fait racheter par des fonds de pensions américains (ce qui peut expliquer la démission des deux fondateurs l’année précédente), de folles rumeurs courent sur le Net sur la revente des bases de données au gouvernement Nord Coréen et Chinois. C’est la panique dans le Monde entier, le gouvernement américain tente de reprendre la main sur cette société, mais beaucoup trop tard. L’état Américain tente même de couper l’électricité aux fermes de calcul de Google, mais Google est depuis longtemps autonome en terme d’énergie avec ses propres panneaux solaires.
Afin de renflouer les caisses de Google, les nouveaux dirigeants de Google décident de vendre sur ebay les bases de données, les statistiques, les historiques, les documents, les mails, les carnets d’adresse, les trajets GPS... de millions d’internautes. Moyennant une somme modique vous pouvez dorénavant connaître la vie numérique de votre voisin ou collègue de bureau.
De nombreux développeurs de chez Google quittent la société afin de créer leurs propres Start-Up.

Cloud Computing

Le Cloud Computing, pose aussi de nombreux problèmes, sous le joli nom de « nuage » se cache en fait le plus incroyable système de surveillance de tous les temps.

2012
Le gouvernement français (avec Orange) se lance dans une alternative à Google (il avait déjà fait une tentative infructueuse avec la BNF face à Google livre). L'état français propose donc de placer toutes nos informations dans un nuage d’état, nous avons donc à choisir entre placer notre vie numérique dans les bras d’une société privée américaine ou dans les serveurs de l’état français, cruel dilemme. L’état français propose pour toute personne utilisant le « nuage d’état » un rabais de 20 % sur ses impôts (gros succès).

2014
Les autres pays proposent plus ou moins ce genre de possibilité, mais il existe aussi des offres du même genre venant d’organismes privés liés à des banques privées. Ces banques proposaient depuis longtemps des forfaits téléphoniques et deviennent donc dorénavant les garants de nos vies numériques, plus rien ne leur échappe. On voit donc arriver, après les paradis fiscaux, les paradis numériques garantissant un total anonymat de nos activités et traces numériques sur les réseaux.

2015
Il est prouvé qu’en plus de nombreuses banques, de nombreuses sectes religieuses fournissent aussi des réseaux privés numériques permettant de naviguer en toute tranquillité sur les réseaux.

Jeux vidéos

2010-2012

La distribution des jeux est dématérialisée dans 99 % des cas (Steam, Onlive...), sauf pour des versions collectors vendues très chères mais avec de nombreux « bonus », comme les recherches préliminaires graphiques et techniques, les versions Alphas jouables des jeux afin de comprendre l'évolution du jeu durant sa création, la possibilité de comparer différentes versions avec les commentaires des créateurs, le SDK du soft afin de faire des modifications personnalisées...
Il existe tout de même encore de petites boutiques très spécialisées vendant des jeux sous forme physique, ce genre de boutique se spécialise dans le retrogaming, les jeux tangibles et surtout la vente d'occasion devenue impossible (voir interdite) avec l’arrivée des jeux dématérialisés.

Explosions des jeux sociaux, tangibles, hybrides, géolocalisés, transmédia, réalité augmenté...
Nous avons aussi le mélange de genre, par exemple l’apparition du RPS (RPG + FPS avec comme exemple l’excellent Borderlands en 2009), des Serious Shooter (serious game + FPS), des jeux de plateforme massivement multi-joueur (plateforme + MMO)...
Les jeux sont de moins en moins liés à une console ou à un constructeur, vous pouvez commencer un jeu sur votre PS3, le continuer sur votre téléphone dans le métro, continuer sur une tablettePC, puis le finir sur votre Nintendo...
Apparition de véritables jeux politiques (pas uniquement dans la serious gaming) avec des questions d’ordre d’éthique, moral, sexuel (grande nouveauté dans les jeux), politique... posés au joueur. Le joueur se retrouve face à des dilemmes assez étonnants pour le domaine du jeu (tuer/ne pas tuer...). Les éditeurs ayant enfin compris que l’âge moyen d’un joueur en Europe (par exemple) est de 30-35 ans, les jeux se rapprochent des thèmes que l’on retrouve dans le cinéma contemporain.

Les mécanismes du jeu s'immiscent dans tous les domaines, réseaux sociaux, art, cinéma, sport... on applique les logiques et les mécanismes des jeux à des domaines très variés.

2013
Le jeu vidéo devient officiellement un média artistique et politique, Michael Haneke se lance dans les jeux vidéos, juste l’idée me fait frémir.

la mode

2010
Les marques de mode commencent à créer leurs catalogues (Look Book et autres catalogues grand public) sous la forme d’application, permettant ainsi de naviguer offline dans les collections. Ces collections sont mises à jour automatiquement à chaque nouveauté.
Les marques délaissent de plus en plus le Web classique au profit de ces applications mobiles.
Le rythme des collections est dilué dans le temps, on perd de plus en plus la notion de collection automne-hiver/printemps-été. Les nouveautés sont réparties tout au long de l’année et immédiatement disponibles à la vente (parfois dans un temps très court et limité).
La série limitée en nombre est remplacée par la série limitée dans le temps.

2013
Fin du décalage entre les défilés et la vente en boutique. Dorénavant vous pouvez acheter en ligne directement pendant la présentation du défilé. Le monde de la mode calque ce système sur les présentations d’Apple et de ses fameuses Keynotes. Les gens veulent tout, tout de suite, les acheteurs sont très volatiles et passent à la concurrence très rapidement si la promesse n’est pas tenue.
Cela pose d’énormes problèmes aux journalistes (une fois de plus) qui n’ont plus la primeur des collections, le grand public voit en même temps qu’eux les mêmes défilés. Cela entraîne presque la fin des magazines de mode au profit de blogs beaucoup plus pointus et surtout n’ayant pas à subir la pression des annonceurs.
De nombreux journalistes de mode montent leur propre blog personnel, et arrivent assez rapidement à avoir autant d’audience que leur magazine d’origine. De nombreux vêtements utilisent dorénavant des textiles « intelligents » et surtout beaucoup plus respectueux de l’environnement. Nous avons des tissus réactifs à la pollution, aux ondes électromagnétiques, au wifi, au bluetooth, à la proximité des amis de vos réseaux sociaux, au nombre de mails reçu dans votre boite mail...
Nous avons aussi beaucoup de textile imitant par exemple les ailes de papillons et autres insectes, permettant d’obtenir des couleurs sans aucune teinture (très polluante) et changeant constamment de couleur suivant la lumière.
Les vêtements remplacent petit à petit nos téléphones grâce à des tissus vidéo et tactiles dépensant très peu d’énergie.

2014
les boutiques ne deviennent que des Show Rooms et vous pouvez acheter par la suite en ligne (même chose pour les Darty et Fnac). Il reste des boutiques ou vous pouvez acheter sur place, mais elles sont très chères et spécialisées (genre épicerie ouverte 24h/24h).

2015
De grandes marques commencent à rendre téléchargeable des vêtements. On imprime, on tisse, on découpe... chez soit son propre vêtement (voir le précurseur A-Poc de la marque Issey Miyake) avec son imprimante personnelle (qui peut imprimer dorénavant sur du papier, mais aussi tisser, tailler et découper de petits formats).

2016
Chanel rend téléchargeable sa fameuse petite robe noire, mais uniquement pendant dix minutes sur son site (buzz énorme). Chaque fichier téléchargé est unique. Sur cette robe se trouve brodé le logo de Chanel + votre adresse IP rendant absolument unique votre achat (robes qui se revendent à prix d’or sur ebay).
On retrouve des notions de luxe numérique (le temps + l’unicité digitale).

Mais nous pourrions aussi parler des livres, la distribution, des universités, des objets...

2011
le retour du livre en papier (mais étaient-ils partis ?), avec des PopUp, des pliages, des encres réactives, des batteries imprimables... mais c’est une autre histoire que je développerai bientôt.
Les tensions entre vieille économie basée sur la distribution prenant une marge énorme sur chaque produit vendu (Fnac et ses copains) et nouvelle économie basée sur le téléchargement et le streaming (Spotify, iTunes, Steam...) vont de plus en plus se faire sentir (campagne de dénigrement contre les jeux vidéos, le soit disant piratage, les dangers d’internet...).
Dans la même logique, nous allons aussi avoir des tensions de plus en plus vives entre les vieux politiques (Frédéric Lefebvre, Nadine Morano... la liste est longue) et les vieux communicants pathétiques (Jacques Séguéla) qui perdent tous leurs repères et n’arrivent plus à contrôler l’information comme ils voudraient et comme ils le faisaient quelques années auparavant, une seule solution attendre que ces gens disparaissent de manière naturelle du paysage.

En 2015, nous pouvons remarquer que nous n’avons toujours pas de réfrigérateurs intelligents et connectés ;-)
Les professionnels gardent toujours la souris et un clavier pour écrire, malgré des interfaces de plus en plus transparentes (reconnaissance des gestes, d’humeur, de la « pensée », de la parole...) pour les jeux vidéos.
La souris + clavier restent tout de même l’interface la plus rapide et performante.

L’enseignement
Comment enseigner? comment faire une conférence devant un auditoire connectée et twittant depuis son téléphone ou son LapTop ? On ne peut pas interdire le wifi dans les salles de cours des universités actuelles, il faut donc arriver à trouver un moyen de canaliser ce public. Faire des conférences augmentées utilisant twitter, les blogs, des liens contextuels, analyser les flux de twitter pendant la conférence...
Comment enseigner un métier qui aura disparu (ou énormément changé) à la fin de la scolarité des étudiants?

HardWare Open Source

2011
L’apprentissage d’Arduino devient obligatoire dans toutes les écoles de design et d’ingénieurs, tout comme la lecture des romans de Philip K. Dick et de J. G. Ballard (à la place de la Princesse de Clèves ;-).
Se développe le DO IT YOURSELF dans tous les domaines (sur le modèle des Fab Lab). Recyclage de vieilles machines, de vieux téléphones, de vieux instruments de musique... afin de créer de nouveaux objets originaux. Le Hacking se généralise dans tous les domaines comme l’automobile, la cuisine, le design, la politique...
Développement de langages ouverts comme OpenFrameWorks ou OpenCV (API du C++ un peu plus accessible, merci Antoine de la précision), mais aussi Processing, Field...

2012
L’internet des objets se met réellement en place grâce à l’adoption généralisée d’un protocole et d’un langage commun d’échange de données. Ce protocole vient une fois de plus de Tim Berners-Lee et de son équipe, 23 ans après le langage Html et le protocole Http. Auparavant chaque type d’objet avait son propre langage de communication lié à son constructeur, nous assistions à une guerre sans merci entre ces différents protocoles de communication. Chaque constructeur espérant que sa propre norme l’emporterai sur celles de ses concurrents. Les objets Sony ne discutant qu’avec du Sony, Apple avec Apple, Microsoft...
Dorénavant les objets parlent tous le même langage, le SkyNetML. Les machines ont leur propre langage et discutent entre elles et ne disent pas que du bien de l’espèce humaine;-)...

samedi 12 décembre 2009

Playmobil au musée des arts décoratifs de Paris

Voici quelques photos (de Luc Boegly) de l’exposition concerné au Playmobil au musée des arts décoratifs (j’ai participé à cette exposition).



Et voici la première publicité de Playmobil datant de 1975.




le journal SUN est en papier

Voici deux publicités pour le Sun particulièrement drôles et intelligentes (merci l’iPhone).
Pour une fois que les « gens du papier » sont fiers de leur support, ça fait plaisir.







--> merci à Rémy pour ces vidéos

mercredi 11 novembre 2009

Talents aux Arts Déco! de Paris

Du 20 au 22 novembre aura lieu l’exposition Talents aux arts déco!
Le site des Arts Déco et son adresse :
ENSAD, 31, rue d'Ulm
75240 PARIS CEDEX 05

samedi 7 novembre 2009

La conquête de l’ubiquité

Voici un texte de Paul Valéry incroyablement visionnaire et magnifique; La conquête de l’ubiquité.
Petite précision ce texte date de 1928.

Un grand merci à Daniel Pinkas pour cette découverte.

La conquête de l’ubiquité

Nos Beaux-Arts ont été institués, et leurs types comme leur usage fixés, dans un temps bien distinct du nôtre, par des hommes dont le pouvoir d’action sur les choses était insignifiant auprès de celui que nous possédons. Mais l’étonnant accroissement de nos moyens, la souplesse et la précision qu’ils atteignent, les idées et les habitudes qu’ils introduisent nous assurent de changements prochains et très profonds dans l’antique industrie du Beau. Il y a dans tous les arts une partie physique qui ne peut plus être regardée ni traitée comme naguère, qui ne peut pas être soustraite aux entreprises de la connaissance et de la puissance modernes. Ni la matière, ni l’espace, ni le temps ne sont depuis vingt ans ce qu’ils étaient depuis toujours. Il faut s’attendre que de si grandes nouveautés transforment toute la technique des arts, agissent par là sur l’invention elle-même, aillent peut-être jusqu’à modifier merveilleusement la notion même de l’art.
Sans doute ce ne seront d’abord que la reproduction et la transmission des œuvres qui se verront affectées. On saura transporter ou reconstituer en tout lieu le système de sensations, ou plus exactement, le système d’excitations, que dispense en un lieu quelconque un objet ou un événement quelconque. Les œuvres acquerront une sorte d’ubiquité. Leur présence immédiate ou leur restitution à toute époque obéiront à notre appel. Elles ne seront plus seulement dans elles-mêmes, mais toutes où quelqu’un sera, et quelque appareil. Elles ne seront plus que des sortes de sources ou des origines, et leurs bienfaits se trouveront ou se retrouveront entiers où l’on voudra. Comme l’eau, comme le gaz, comme le courant électrique viennent de loin dans nos demeures répondre à nos besoins moyennant un effort quasi nul, ainsi serons-nous alimentés d’images visuelles ou auditives, naissant et s’évanouissant au moindre geste, presque à un signe. Comme nous sommes accoutumés, si ce n’est asservis, à recevoir chez nous l’énergie sous diverses espèces, ainsi trouverons-nous fort simple d’y obtenir ou d’y recevoir ces variations ou oscillations très rapides dont les organes de nos sens qui les cueillent et qui les intègrent font tout ce que nous savons. Je ne sais si jamais philosophe a rêvé d’une société pour la distribution de Réalité Sensible à domicile.
La Musique, entre tous les arts, est le plus près d’être transposé dans le mode moderne. Sa nature et la place qu’elle tient dans le monde la désignent pour être modifiée la première dans ses formules de distribution, de reproduction et même de production. Elle est de tous les arts le plus demandé, le plus mêlé à l’existence sociale, le plus proche de la vie dont elle anime, accompagne ou imite le fonctionnement organique. Qu’il s’agisse de la marche ou de la parole, de l’attente ou de l’action, du régime ou des surprises de notre durée, elle sait en ravir, en combiner, en transfigurer les allures et les valeurs sensibles. Elle nous tisse un temps de fausse vie en effleurant les touches de la vraie. On s’accoutume à elle, on s’y adonne aussi délicieusement qu’aux substances justes, puissantes et subtiles que vantait Thomas de Quincey. Comme elle s’en prend directement à la mécanique affective dont elle joue et qu’elle manœuvre à son gré, elle est universelle par essence ; elle charme, elle fait danser sur toute la terre. Telle que la science, elle devient besoin et denrée internationaux. Cette circonstance, jointe aux récents progrès dans les moyens de transmission, suggérait deux problèmes techniques :
I. – Faire entendre en tout point du globe, dans l’instant même, une œuvre musicale exécutée n’importe où.
II. – En tout point du globe, et à tout moment, restituer à volonté une œuvre musicale.
Ces problèmes sont résolus. Les solutions se font chaque jour plus parfaites. Nous sommes encore assez loin d’avoir apprivoisé à ce point les phénomènes visibles. La couleur et le relief sont encore assez rebelles. Un soleil qui se couche sur le Pacifique, un Titien qui est à Madrid ne viennent pas encore se peindre sur le mur de notre chambre aussi fortement et trompeusement que nous y recevons une symphonie.

Cela se fera. Peut-être fera-t-on mieux encore, et saura-t-on nous faire voir quelque chose de ce qui est au fond de la mer. Mais quant à l’univers de l’ouïe, les sons, les bruits, les voix, les timbres nous appartiennent désormais. Nous les évoquons quand et où il nous plaît. Naguère, nous ne pouvions jouir de la musique à notre heure même, et selon notre humeur. Notre jouissance devait s’accommoder d’une occasion, d’un lieu, d’une date et d’un programme. Que de coïncidences fallait-il ! C’en est fait à présent d’une servitude si contraire au plaisir, et par là si contraire à la plus exquise intelligence des œuvres. Pouvoir choisir le moment d’une jouissance, la pouvoir goûter quand elle est non seulement désirable par l’esprit, mais exigée et comme déjà ébauchée par l’âme et par l’être, c’est offrir les plus grandes chances aux intentions du compositeur, car c’est permettre à ses créatures de revivre dans un milieu vivant assez peu différent de celui de leur création. Le travail de l’artiste musicien, auteur ou virtuose, trouve dans la musique enregistrée la condition essentielle du rendement esthétique le plus haut.
Il me souvient ici d’une féerie que j’ai vue enfant dans un théâtre étranger. Ou que je crois d’avoir vue. Dans le palais de l’Enchanteur, les meubles parlaient, chantaient, prenaient à l’action une part poétique et narquoise. Une porte qui s’ouvrait sonnait une grêle ou pompeuse fanfare. On ne s’asseyait sur un pouf, que le pouf accablé ne gémît quelque politesse. Chaque chose effleurée exhalait une mélodie.
J’espère bien que nous n’allons point à cet excès de sonore magie. Déjà l’on ne peut plus manger ni boire dans un café sans être troublés de concerts. Mais il sera merveilleusement doux de pouvoir changer à son gré une heure vide, une éternelle soirée, un dimanche infini, en prestiges, en tendresses, en mouvements spirituels.
Il est de maussades journées ; il est des personnes fort seules, et il n’en manque point que l’âge ou l’infirmité enferment avec elles-mêmes qu’elles ne connaissent que trop. Ces vaines et tristes durées, et ces êtres voués aux bâillements et aux mornes pensées, les voici maintenant en possession d’orner ou de passionner leur vacance.
Tels sont les premiers fruits que nous propose l’intimité nouvelle de la Musique avec la Physique, dont l’alliance immémoriale nous avait déjà tant donné. On en verra bien d’autres.

--> vous pouvez retrouver ce texte sous différents formats sur le site de l’UQAC..

« La conquête de l’ubiquité » (1928), in Œuvres, tome II, Pièces sur l’art, Nrf, Gallimard, Bibl. de la Pléiade, 1960, 1726 pages, pp. 1283-1287. Paru dans De la musique avant toute chose, éditions du Tambourinaire, 1928.

lundi 26 octobre 2009

visions du futur dans les années 60 au Japon

Pour se remettre de Jacques Séguéla;-) voici de très belles illustrations futuristes datant de 1969 (dans le magazine Shonen Sunday) trouvées sur le site www.pinktentacle.com.




--> merci Romain.

et aussi dans le même genre mais aux États Unis une belle collection d’illustrations futuristes .



personnellement j’attends toujours cette voiture...

Et comme je suis dans le Vintage, une autre belle collection de couverture de roman à cette adresse.