Etienne Mineur archives

aller au contenu | aller au menu | aller à la recherche

Résultats de votre recherche de sncf.

lundi 22 août 2011

la fin des forfaits illimités...

Suite à l’article paru dans OWNI concernant la supposée fin des forfaits illimités, je trouve cela hallucinant et je ne suis visiblement pas le seul ;-) On trouve par exemple comme excuse que 5 % des internautes utilisent 80 % de la bande passante (je simplifie).

Personnellement je trouve que je suis un utilisateur presque normal (bref je n’abuse pas et je ne joue presque pas en ligne), mais il est vrai que j’utilise Spotify, Steam, Onlive (depuis peu), j’écoute la radio uniquement via mon navigateur Web ou via des podcasts, de même pour les podcasts vidéos, je regarde aussi (de moins en moins tout de même à cause de la pub de plus en plus envahissante) Youtube, Vimeo, je regarde aussi des web TV, j’utilise la VOD, j’utilise DropBox, mais aussi EverNote, Google Docs, je sauvegarde mes photos en ligne, les mises à jour de mes systèmes PC et MacOSX se font en ligne (les DVD, c'est fini depuis longtemps ;-), j’achète mes logiciels et les télécharge en ligne… bref je suis un « consommateur » presque ordinaire, et qui va utiliser de plus en plus de bande passante car les offres en lignes et utilisant le streaming sont de plus en plus nombreuses et pratiques.
L’utilisation du réseau à totalement changé depuis dix ans et cela a entraîné de nouveaux usages, idées, jeux, possibilités, services, marchés, inventions… et ces opérateurs voudraient arrêter cela (où pense arrêter cela).
Au lieu d'essayer d’avoir des idées nouvelles utilisant ces nouvelles possibilités et usages, ces personnes ne pensent qu'à brider le système afin d’accroître leur rentabilité. On dirait que 100 % de leur « intelligence » est focalisée sur l’invention de nouveaux forfaits tordus et incompréhensibles afin de mieux embrouiller leurs clients, c’est pathétique (personnellement j’adore les forfaits Data illimités pour mobile qui se bloque à 500 Mo;-).

Pourquoi ces opérateurs n'inventent pas eux-mêmes des services originaux utilisant la connexion illimitée, au lieu de se focaliser sur la rentabilité des tuyaux ? Ils pourraient gagner de l’argent avec ces nouveaux services (Spotify, NetFlix, les jeux en ligne, le cloud computing...), mais visiblement, il est plus facile de pondre de nouvelles offres commerciales que de proposer des services et des idées innovantes (cela me fait un peu penser à une autre jolie société française : la SNCF).

Pourquoi ces grands groupes français (surtout un ;-) ne sont pas à la hauteur d’un Apple, Google ou MicroSoft ? Ils ont pourtant en interne des gens compétents (j’en connais pas mal), des ingénieurs, des développeurs, des chercheurs, sûrement des designers… et de l’argent.

Pourquoi ces grands groupes français ne se focalisent que sur de misérables opérations marketings tentant de dissimuler un manque total d'idée neuve ?

ps : je me souviens avec émotion de l’époque où j'avais mon abonnement Club Internet et que je payais à la minute de connexion avec mon modem 36 K. Je m'autorisai par jour juste 30 minutes de connexion, 10 minutes pour les mails et 20 minutes pour surfer, c'était le bon temps... en fait non!

mardi 12 janvier 2010

quelques photos

Voici quelques photos prisent cette semaine que je viens de retrouver dans mon iPhone.

Pour la SNCF, c’est donc une particularité d’être à l’heure pour un train (ce que je vous confirme, si vous prenez régulièrement le train Paris-Genève le matin, il arrive très très rarement à l’heure à destination).


Au début je n’avais pas vu le petit « roman » en dessous, je croyais qu’il s’agissait d’un livre-enquête concernant Sulitzer;-)

Une très belle signalétique qui informe bien de l’état de l’organisation de la vaccination de la grippe A.


Grand rangement, et au fond des tiroirs une jolie collection de cassettes VHS (vous vous rappelez, ces grosses choses que l’on glissait dans son magnétoscope et qui s’abimait plus on les regardait).

dimanche 3 janvier 2010

mes prédictions pour 2015

Pour fêter cette nouvelle année que je vous souhaite très belle, je me lance modestement (comme monsieur Cavazza) dans un exercice un peu délicat par cet après midi pluvieux : regarder dans une boule de cristal et voir l’avenir de ces années 2010-2015 (je reste dans le domaine des nouvelles technologies, n’ayez pas peur, je ne me lance pas dans des prédictions concernant les effets du changement climatique planétaire et la faim dans le Monde).
Je donne des dates précises et en 2015 je relirai ce billet, histoire de bien rire.
Je vous accorde que certaines de mes propositions sont un peu fantaisistes, mais je suis sûr que l'avenir le sera encore plus, on verra bien...

la presse en ligne

2010
Le modèle économique lié à la pub en ligne ne marche définitivement pas, les journaux arrivent (ou pas) à trouver un modèle économique pas uniquement basé sur la pub (l’édition classique ne colle pas de pub sur un roman de Le Clézio par exemple). L’édition est arrivée à trouver un équilibre (fragile) économique sans pub, pourquoi la presse n’y arriverait-elle pas ?
De plus ce n'est pas grâce aux subventions dans le cadre du fonds d'aide aux « services de presse en ligne » que ces journaux vont sortir de leurs problèmes financiers, sans parler de l’image désastreuse que cela donne de leur indépendance.
Se développent donc des systèmes d’abonnement et de micropaiement à l’article.
Les journalistes arrêtent de faire du « copier-coller » entre la version papier et la version électronique, arrêtent de recopier les brêves de l’AFP... et le lecteur sur le web se sent donc mieux considéré et moins agressé par la pub incessante et commence à lire réellement les articles.
Va aussi se développer un nouveau mode de lecture approprié aux spécificités du support interactif. Par exemple, la vidéo et l’audio sont beaucoup mieux intégrés aux textes des articles. Les illustrations interactives (design d’information) se développent énormément et permettent de faire comprendre beaucoup plus facilement les masses de données de plus en plus importantes.
Nous avons la possibilité de se faire nos propres graphes de données, nos illustrations... à partir des flux de données. On s’abonne à des flux de données (AFP, ou autres organismes collectant de grandes masses d’informations) et nos outils personnalisés nous permettent de visualiser de manière compréhensible et didactique des informations très complexes.
On pourrait avoir par exemple un très bon dossier concernant un sujet aussi sensible que le changement climatique avec des graphes dynamiques liés aux dernières données disponibles... Voir les différents avis contradictoires, les différents intervenants, les conflits d'intérêts, les commentaires, les statistiques scientifiques... bref avoir un dossier, un documentaire dynamique et visuel permettant aux lecteurs de se faire un avis. Ce genre de dossier/documentaire pourrait aussi s'adapter aux niveaux des lecteurs avec différents niveaux d'approfondissements. Le journaliste se retrouve donc en chef d’orchestre permettant de nous guider dans cette masse d’informations toujours de plus en plus importante.

L’AFP sort une version gratuite de ses dépêches (sous forme de flux RSS lisibles sur le web et n’importe quel téléphone) et force Libération, Le Monde, le Figaro... à avoir enfin des articles originaux et pertinents.
Développement de nombreuses applications spécifiques sur mobiles permettant de suivre des informations très pointues (quels que soient les canaux de diffusion, blog, twitter...).
La presse généraliste perd beaucoup de terrain face à la presse spécialisée.

2011
Développement par les journaux de logiciels spécifiques de visualisation permettant d'appréhender des informations d’une manière différente et interactive. Changement radical dans la notion du métier de journaliste par rapport à l’information. Tout comme les notions d’auteur en musique et en Art ont beaucoup changé ces dernières années, le journaliste ne nous donne plus la « vérité » mais au contraire nous aide à naviguer (hiérarchiser, trier, comparer...) dans l’information grâce à des outils de visualisation. Nous avons une nouvelle spécialité qui apparaît dans les rédactions, l’algorithmie informationnelle ou journalistique.
Les skimmers et autres système de hiérarchisations du contenu (car après avoir fait disparaître les journalistes il faut bien trouver des remplaçants) remplacent donc la majorité des journalistes.
Les journalistes deviennent des algorithmes.
Les éditorialistes deviennent des bloggeurs.
Les journalistes engagés politiquement deviennent des algorithmes politiques ?
« Journaliste n’est plus un métier d’avenir ! », dit Éric Schmidt le pdg de Google lors d’une conférence montrant un nouvel outil de visualisation de données. Nos journaux en ligne deviennent de vrai petit objet intelligent personnel générant en temps réel des images et des illustrations suivant l’actualité, nos intérêts, notre historique et ceux de nos amis (les réseaux sociaux sont aussi mis à contribution pour une hiérarchisation pertinente des informations).

2012
Abandon total (ou presque) des versions Web des journaux en ligne pour se focaliser uniquement sur les versions mobiles et papier. La parution des versions papiers ne se fait dorénavant que deux fois par semaine (constituée d’articles de fonds + beaucoup de photos et d’illustrations + analyse des commentaires des lecteurs de la version online).
Les versions mobiles se focalisent au contraire du papier sur l’actualité chaude et très récente.
Les versions papiers sont dorénavant dans un format plus petit et plus pratique, certains journaux passent même au format A5, permettant de se glisser sous un TabletPC.
90 % des lecteurs de ces journaux n'utilisent que leurs mobiles (ou mini-tablette) pour lire les nouvelles.
Les versions Web classique, ne servent que de teaser et de système de référencement pour Google.

2013
Libération et le Monde sortent une version conjointe sur tissu électronique de leurs journaux. Il s’agit d’un petit bout de tissu vidéo se plaçant au niveau de l’avant-bras sur sa chemise permettant de suivre l’actualité en direct.
Étonnamment, ce petit « device » devient très vite à la mode et devient un objet de luxe. Suivant sa couleur et les motifs (animés) que l’on porte, on peut se distinguer. En effet certaines couleurs et certains motifs sont uniques et sont donc très recherchés (et donc très chers). Un nouveau « luxe » apparaît, lié à la rareté numérique (savamment orchestré par les marques de luxe et des sociétés spécialisées dans la sécurité numérique). Il devient donc très chic de porter des bijoux, des vêtements assortis à ses « devices » numériques.

les eReaders

2010
l’iPhone et les téléphones sous Androïds remplacent les eReaders avec des applications comme Stanza.

2011
Les liseuses (c’est le nom français des Kindle et autres eReader...) évoluent massivement vers des tablet-PC utilisant à la fois de l’encre électronique et un écran Oled superposé, cela permet donc suivant les cas d’avoir de la vidéo couleur et dans d'autres cas d’utilisation une grande économie d’énergie. Ce genre de tablette va se généraliser et remplacer les ordinateurs dans les foyers dans les prochaines années (sauf chez les professionnels).

2012
Le papier électronique classique (qui va s’assouplir j’espère) va se retrouver utilisé principalement dans la signalétique urbaine, signalétique de bâtiment, du « papier peint » communiquant, publicité murale mais aussi dans les modes d’emplois très complexes mis à jour en ligne. On pourra aussi se faire ses propres Widgets physiques avec ce genre de papier que l’on pourra coller tel des Post-it intelligents dans toutes nos pièces. Ces morceaux de papiers électroniques étant connectés via Bluetooth (ou autre techno) et se mettant à jour régulièrement.

La fin des navigateurs Web

2010
Nous pouvons observer une montée très forte des applications connectées au web sans passer par un navigateur (exemple de NetNewsWire, Spotify, Skimmer... depuis 2008-2009). Ce genre d’application permet de naviguer offline et peut se mettre à jour automatiquement une fois connectée. Les données sont envoyées en Push en toute transparence pour l’utilisateur (exactement comme une application iPhone).
Adobe Flash CS5 permettant de développer assez facilement des applications iPhone, ces applications sont aussi très vite déclinées en version Desktop (il faut « juste » adapter la taille de l’écran et l‘interface souris + clavier).
Les grandes marques préfèrent développer leur propre application permettant de garder un plus grand contrôle formel et ergonomique (avec l’exemple de l’application iPhone de la SNCF, qui est très bien et remplie toit à fait sa fonction sans nous pourrir la vie comme le site Web de cette même SNCF). Ce genre d’application peut garantir un plus grand respect de la vie privée des utilisateurs (pas de pub, pas de spam, et surtout pas de surveillance de la part de Google...).
Le public de toute façon ne fait plus la différence entre « applications web » et « applications Desktop ».

2011
FireFox est totalement délaissé par les utilisateurs à cause de problème incessant d’affichage et de performance. Chrome fait aussi très peur à cause d’une trop grande porosité avec les autres services de Google, tout comme Safari avec Apple et Explorer avec Microsoft. Les utilisateurs se tournent donc vers les applications spécifiques ou vers de « petits » navigateurs indépendants très ouverts, légers et très rapides.

distribution et diffusion des films

2011
la VOD (vidéo à la demande), + le modèle Spotify (une sorte de licence globale pour la musique) se généralise maintenant pour le cinéma et la télé, malgré la résistance des « ayant droit » d’Hollywood (et de France). C’est une question de survie pour les grandes majors. Les films sortent simultanément en salle, et en VOD (le bluRay et le DVD ne font plus que des ventes négligeables). C’est aussi la fin des grilles de programmes de la télé, tout comme à la radio (en 2009 France Culture avec ses podcasts de qualité fait un carton en audience, malgré une audience très faible sur les ondes). Plus personne ne regarde le même film à la même heure (sauf pour les séries américaines en téléchargement). La notion de « journal de 20h » est d’un autre âge. La télé et la radio deviennent des médias asynchrones. Seul le sport garde le temps réel. Nous avons d’ailleurs de le retransmission sportive télévisé augmentée (on peut choisir ses présentateurs, son design d’habillage de chaîne, ses infos, faire ses paris, discuter avec ses amis...).
Nous avons dorénavant une « consommation » socialisée des films, on ne suit plus une grille imposée de programme ou l’avis des journalistes, mais au contraire on se renseigne par le bouche à oreille (Blog, amis, réseaux spécialisés...). Le top de noël 2011 étant d’offrir un film en VOD.
Les séries et films sortent mondialement exactement au même moment afin d’éviter le piratage massif.
Les nombreuses tentatives des constructeurs afin d’imposer le relief au grand public restent un échec, car aucune technologie sans lunette n’a été jugée convaincante (et hop, le relief sera de retour dans vingt ans comme depuis le début des années cinquante).

2012
Par contre le relief commence à être utilisé dans l’industrie du porno avec succès (j’ai mes sources, merci Nicolas ;-). On se retrouve donc à avoir de nombreux films pornos en reliefs sur nos téléphones portables (principal outil de visualisation de films pornographiques depuis l’année 2011).

la fin du Web sur PC

2013
Nous allons avoir la disparition de l’ordinateur dans nos foyers, nous aurons le mobile pour la consultation de service utilitaire (les news, achats de billets, réservations, réseaux sociaux...) et la télé pour le divertissement (aussi bien jeu, que cinéma). La « consommation » de grand spectacle à la télé va se socialiser, nous pourrons ainsi avec nos amis partager à distance le même flux (audio, vidéo, texte) et commenter, jouer... en temps réel sur un spectacle (exemple, regarder un match de foot avec ses amis en Chat devant sa télé).
Donc beaucoup de VOD partageable, l’effet de niche va se poursuivre.
C’est le retour de la télé objet dans nos salons, mais pas des chaînes de télé. TF1 s’effondre (la téléréalité ne se passe plus que sur le web) et devient uniquement un canal de TV achat.

Le grand public se trouve donc avec un téléphone portable connecté et géolocalisé en permanence permettant de lire ses mails, téléphoner, jouer, lire les news, utiliser les réseaux sociaux... Dans son foyer il possède une télé connectée permettant de voir des films a grand spectacle en VOD, de jouer, de chater... par contre il n’aura vraisemblablement plus d'ordinateur (au sens actuel) chez lui. Certains auront aussi une tablette vidéo permettant de naviguer et de visualiser des informations allongé dans son canapé ou son lit (ne jamais sous-estimer le « pouvoir de la flemme » ;-).
Les constructeurs comme Apple arrêteront de faire des machines professionnelles au profit de machine « casual » comme des iPhone ou autre tablette vidéo. Ces machines seront faites avant tout pour de la diffusion de média, mais plus du tout pour de la création de contenu (essayer de taper un long texte sur un écran vidéo!).

On va se construire son propre journal, sa propre télé, sa propre radio sur mesure avec un seul et même logiciel (un super Netvibes-Wasabi par exemple) consultable sur son téléphone, sa tablette ou sur sa télé (tout est en permanence synchronisé depuis 2009).

On ne se préoccupe plus de quelle manière les informations nous arrivent. Les canaux de diffusion sont totalement transparents. Perte de la différence entre un SMS, un flux Rss, Twitter, FaceBook... on mélange les flux asynchrones (mail, blog...) et synchrones (Chat, Twitter...).
Le seul (et principal) problème étant le tri de ces infos par l’utilisateur (voir le rôle des journalistes et des algorithmes au début de cet article).

téléphonie

2010
Le nombre d’applications sur iPhone va se multiplier par deux dans les mois avenirs, grâce notamment au portage de langage de programmation OpenFrame Works et Action Script 3 (version Flash CS5) sur l’iPhone. Dorénavant plus besoin de parler de c ++ ou l’Objective C pour créer son application iPhone. Gros succès chez les étudiants qui vont enfin sortir des applications originales sur ce mobile.
De son côté, Google et Androïd vont commencer à avoir des problèmes. En effet, les Motorola, LG, Samsung ou HTC ont tous adopté très rapidement Androïd en remplacement de Windows Mobile inadapté aux nouveaux usages et surtout payant. Malheureusement chaque constructeur a commencé à modifier sa version d’Androïd, et a faire des interfaces différentes pour chaque nouveau modèle. On se retrouve donc rapidement comme sur Linux, avec des versions différentes tournant sous le même noyau (les distributions). Les développeurs d’applications vont donc se retrouver à gérer pour la même application des OS différents, des interfaces différentes (mono ou multiTouch, trackball, clavier hardware ou virtuel, stylet ou molette...), différentes tailles d'écran, différentes vitesses de processeur... bref on va se retrouver à l’époque de Nokia :- ((((((
Les développeurs vont donc continuer à développer sur l’iPhone, même si cet OS est assez fermé, mais la rapidité de développement et surtout l’uniformité des téléphones Apple vont faire la différence.

2011
Nintendo sort enfin son propre téléphone portable avec deux écrans (il peut donc faire livre numérique une fois ouvert en deux, mais aussi télé, appareil photo, console de jeux...). Il s’agit d’une Nintendo DS HD (deux écrans 640/480 pixels en millions de couleurs et MultiTouch). Afin d’obtenir un grand succès lors de son lancement, Nintendo propose l’intégralité de son catalogue de jeu (depuis la NES) sur ce téléphone en téléchargement gratuit aux premiers acheteurs (et donc énorme succès ;-). En effet, le succès est immense, de plus ce téléphone peut se customiser très facilement et le nombre de gadgets disponibles pour cet appareil est considérable (on pourrait même trouver, sur certains sites, des Sex Toys liés à ce téléphone).

2012
le téléphone portable devient le principal « device » permettant d’accéder au web dans le monde.
Le mobile devient même un système monétaire planétaire (échange de crédits téléphoniques et accès direct aux comptes Paypal), il remplace progressivement nos cartes de crédits, nos billets de train, d’avion...
Il n’existe donc plus de distributeur de billets de banques dans les villes, et les systèmes d’identifications mobiles deviennent le centre d'intérêt de nombreux grands noms de l'informatique et de banques (et bien sûr de pirates). L'identification et les services de cryptages deviennent la clé de voute de tout notre monde marchand numérique.

2013
Paypal + Twitter lancent ensemble leur propre système monétaire et système d’identification sur mobile. FaceBook tente lui aussi de faire la même chose, mais à cause d’une politique beaucoup trop floue concernant les garanties de sécurité, ce projet échoue très rapidement. Google ne se lance pas dans l’aventure car après quelques premiers tests, Google s’est aperçu enfin qu’a force de tout faire, il commençait à faire très peur aux gens.

2014
le marché des mobiles est dorénavant de 40 % pour Apple (Apple ayant réussi à faire des versions Lowcost de son iPhone de première génération), 40 % pour Nintendo et le reste pour HTC... Nokia ayant définitivement arrêté de faire des téléphones (sauf dans le très bas de gamme) et ne fait des PC portables vintages qui reviennent à la mode (exemple d’un design de Dell de 1999).
Il faut aussi noter l’apparition de téléphone à fabriquer soi-même, permettant d’avoir un téléphone pas trop cher et surtout totalement ouvert (grâce a du HardWare OpenSource).

À cause de l’utilisation à outrance des outils de géolocalisation et de pistage des utilisateurs sur les téléphones, le marché des brouilleurs et autres Anomyser explose. Les différentes lois du genre Hadopi X (il s’agit de la dixième itération de cette loi depuis 2009) poussent aussi une majorité de gens à utiliser des réseaux privés (proposé par des banques privées, voir plus bas).

2015
Fabrication et utilisation de la première bombe artisanale électromagnétique par des néoluddites anglais. Ces bombes permettent de détruire toutes puces Rfid et autres mouchards électroniques dans un endroit précis. Ce genre de bombe devient la peur numéro 1 des services secrets des pays occidentaux. On se retrouve à fabriquer des bunkers électromagnétiques dans toutes les sociétés.

Google

2010
Google pose de plus en plus de problèmes liés à la vie privée, depuis les déclarations de son PDG Eric Schmidt.
Les utilisateurs commencent à utiliser de nouveaux moteurs de recherches alternatifs et se tournent vers des outils alternatifs aux Google Docs comme Evernote...

2012
Les deux fondateurs de Google, démissionnent brusquement de Google en 2012 sans aucune raison.

2013
Google se fait racheter par des fonds de pensions américains (ce qui peut expliquer la démission des deux fondateurs l’année précédente), de folles rumeurs courent sur le Net sur la revente des bases de données au gouvernement Nord Coréen et Chinois. C’est la panique dans le Monde entier, le gouvernement américain tente de reprendre la main sur cette société, mais beaucoup trop tard. L’état Américain tente même de couper l’électricité aux fermes de calcul de Google, mais Google est depuis longtemps autonome en terme d’énergie avec ses propres panneaux solaires.
Afin de renflouer les caisses de Google, les nouveaux dirigeants de Google décident de vendre sur ebay les bases de données, les statistiques, les historiques, les documents, les mails, les carnets d’adresse, les trajets GPS... de millions d’internautes. Moyennant une somme modique vous pouvez dorénavant connaître la vie numérique de votre voisin ou collègue de bureau.
De nombreux développeurs de chez Google quittent la société afin de créer leurs propres Start-Up.

Cloud Computing

Le Cloud Computing, pose aussi de nombreux problèmes, sous le joli nom de « nuage » se cache en fait le plus incroyable système de surveillance de tous les temps.

2012
Le gouvernement français (avec Orange) se lance dans une alternative à Google (il avait déjà fait une tentative infructueuse avec la BNF face à Google livre). L'état français propose donc de placer toutes nos informations dans un nuage d’état, nous avons donc à choisir entre placer notre vie numérique dans les bras d’une société privée américaine ou dans les serveurs de l’état français, cruel dilemme. L’état français propose pour toute personne utilisant le « nuage d’état » un rabais de 20 % sur ses impôts (gros succès).

2014
Les autres pays proposent plus ou moins ce genre de possibilité, mais il existe aussi des offres du même genre venant d’organismes privés liés à des banques privées. Ces banques proposaient depuis longtemps des forfaits téléphoniques et deviennent donc dorénavant les garants de nos vies numériques, plus rien ne leur échappe. On voit donc arriver, après les paradis fiscaux, les paradis numériques garantissant un total anonymat de nos activités et traces numériques sur les réseaux.

2015
Il est prouvé qu’en plus de nombreuses banques, de nombreuses sectes religieuses fournissent aussi des réseaux privés numériques permettant de naviguer en toute tranquillité sur les réseaux.

Jeux vidéos

2010-2012

La distribution des jeux est dématérialisée dans 99 % des cas (Steam, Onlive...), sauf pour des versions collectors vendues très chères mais avec de nombreux « bonus », comme les recherches préliminaires graphiques et techniques, les versions Alphas jouables des jeux afin de comprendre l'évolution du jeu durant sa création, la possibilité de comparer différentes versions avec les commentaires des créateurs, le SDK du soft afin de faire des modifications personnalisées...
Il existe tout de même encore de petites boutiques très spécialisées vendant des jeux sous forme physique, ce genre de boutique se spécialise dans le retrogaming, les jeux tangibles et surtout la vente d'occasion devenue impossible (voir interdite) avec l’arrivée des jeux dématérialisés.

Explosions des jeux sociaux, tangibles, hybrides, géolocalisés, transmédia, réalité augmenté...
Nous avons aussi le mélange de genre, par exemple l’apparition du RPS (RPG + FPS avec comme exemple l’excellent Borderlands en 2009), des Serious Shooter (serious game + FPS), des jeux de plateforme massivement multi-joueur (plateforme + MMO)...
Les jeux sont de moins en moins liés à une console ou à un constructeur, vous pouvez commencer un jeu sur votre PS3, le continuer sur votre téléphone dans le métro, continuer sur une tablettePC, puis le finir sur votre Nintendo...
Apparition de véritables jeux politiques (pas uniquement dans la serious gaming) avec des questions d’ordre d’éthique, moral, sexuel (grande nouveauté dans les jeux), politique... posés au joueur. Le joueur se retrouve face à des dilemmes assez étonnants pour le domaine du jeu (tuer/ne pas tuer...). Les éditeurs ayant enfin compris que l’âge moyen d’un joueur en Europe (par exemple) est de 30-35 ans, les jeux se rapprochent des thèmes que l’on retrouve dans le cinéma contemporain.

Les mécanismes du jeu s'immiscent dans tous les domaines, réseaux sociaux, art, cinéma, sport... on applique les logiques et les mécanismes des jeux à des domaines très variés.

2013
Le jeu vidéo devient officiellement un média artistique et politique, Michael Haneke se lance dans les jeux vidéos, juste l’idée me fait frémir.

la mode

2010
Les marques de mode commencent à créer leurs catalogues (Look Book et autres catalogues grand public) sous la forme d’application, permettant ainsi de naviguer offline dans les collections. Ces collections sont mises à jour automatiquement à chaque nouveauté.
Les marques délaissent de plus en plus le Web classique au profit de ces applications mobiles.
Le rythme des collections est dilué dans le temps, on perd de plus en plus la notion de collection automne-hiver/printemps-été. Les nouveautés sont réparties tout au long de l’année et immédiatement disponibles à la vente (parfois dans un temps très court et limité).
La série limitée en nombre est remplacée par la série limitée dans le temps.

2013
Fin du décalage entre les défilés et la vente en boutique. Dorénavant vous pouvez acheter en ligne directement pendant la présentation du défilé. Le monde de la mode calque ce système sur les présentations d’Apple et de ses fameuses Keynotes. Les gens veulent tout, tout de suite, les acheteurs sont très volatiles et passent à la concurrence très rapidement si la promesse n’est pas tenue.
Cela pose d’énormes problèmes aux journalistes (une fois de plus) qui n’ont plus la primeur des collections, le grand public voit en même temps qu’eux les mêmes défilés. Cela entraîne presque la fin des magazines de mode au profit de blogs beaucoup plus pointus et surtout n’ayant pas à subir la pression des annonceurs.
De nombreux journalistes de mode montent leur propre blog personnel, et arrivent assez rapidement à avoir autant d’audience que leur magazine d’origine. De nombreux vêtements utilisent dorénavant des textiles « intelligents » et surtout beaucoup plus respectueux de l’environnement. Nous avons des tissus réactifs à la pollution, aux ondes électromagnétiques, au wifi, au bluetooth, à la proximité des amis de vos réseaux sociaux, au nombre de mails reçu dans votre boite mail...
Nous avons aussi beaucoup de textile imitant par exemple les ailes de papillons et autres insectes, permettant d’obtenir des couleurs sans aucune teinture (très polluante) et changeant constamment de couleur suivant la lumière.
Les vêtements remplacent petit à petit nos téléphones grâce à des tissus vidéo et tactiles dépensant très peu d’énergie.

2014
les boutiques ne deviennent que des Show Rooms et vous pouvez acheter par la suite en ligne (même chose pour les Darty et Fnac). Il reste des boutiques ou vous pouvez acheter sur place, mais elles sont très chères et spécialisées (genre épicerie ouverte 24h/24h).

2015
De grandes marques commencent à rendre téléchargeable des vêtements. On imprime, on tisse, on découpe... chez soit son propre vêtement (voir le précurseur A-Poc de la marque Issey Miyake) avec son imprimante personnelle (qui peut imprimer dorénavant sur du papier, mais aussi tisser, tailler et découper de petits formats).

2016
Chanel rend téléchargeable sa fameuse petite robe noire, mais uniquement pendant dix minutes sur son site (buzz énorme). Chaque fichier téléchargé est unique. Sur cette robe se trouve brodé le logo de Chanel + votre adresse IP rendant absolument unique votre achat (robes qui se revendent à prix d’or sur ebay).
On retrouve des notions de luxe numérique (le temps + l’unicité digitale).

Mais nous pourrions aussi parler des livres, la distribution, des universités, des objets...

2011
le retour du livre en papier (mais étaient-ils partis ?), avec des PopUp, des pliages, des encres réactives, des batteries imprimables... mais c’est une autre histoire que je développerai bientôt.
Les tensions entre vieille économie basée sur la distribution prenant une marge énorme sur chaque produit vendu (Fnac et ses copains) et nouvelle économie basée sur le téléchargement et le streaming (Spotify, iTunes, Steam...) vont de plus en plus se faire sentir (campagne de dénigrement contre les jeux vidéos, le soit disant piratage, les dangers d’internet...).
Dans la même logique, nous allons aussi avoir des tensions de plus en plus vives entre les vieux politiques (Frédéric Lefebvre, Nadine Morano... la liste est longue) et les vieux communicants pathétiques (Jacques Séguéla) qui perdent tous leurs repères et n’arrivent plus à contrôler l’information comme ils voudraient et comme ils le faisaient quelques années auparavant, une seule solution attendre que ces gens disparaissent de manière naturelle du paysage.

En 2015, nous pouvons remarquer que nous n’avons toujours pas de réfrigérateurs intelligents et connectés ;-)
Les professionnels gardent toujours la souris et un clavier pour écrire, malgré des interfaces de plus en plus transparentes (reconnaissance des gestes, d’humeur, de la « pensée », de la parole...) pour les jeux vidéos.
La souris + clavier restent tout de même l’interface la plus rapide et performante.

L’enseignement
Comment enseigner? comment faire une conférence devant un auditoire connectée et twittant depuis son téléphone ou son LapTop ? On ne peut pas interdire le wifi dans les salles de cours des universités actuelles, il faut donc arriver à trouver un moyen de canaliser ce public. Faire des conférences augmentées utilisant twitter, les blogs, des liens contextuels, analyser les flux de twitter pendant la conférence...
Comment enseigner un métier qui aura disparu (ou énormément changé) à la fin de la scolarité des étudiants?

HardWare Open Source

2011
L’apprentissage d’Arduino devient obligatoire dans toutes les écoles de design et d’ingénieurs, tout comme la lecture des romans de Philip K. Dick et de J. G. Ballard (à la place de la Princesse de Clèves ;-).
Se développe le DO IT YOURSELF dans tous les domaines (sur le modèle des Fab Lab). Recyclage de vieilles machines, de vieux téléphones, de vieux instruments de musique... afin de créer de nouveaux objets originaux. Le Hacking se généralise dans tous les domaines comme l’automobile, la cuisine, le design, la politique...
Développement de langages ouverts comme OpenFrameWorks ou OpenCV (API du C++ un peu plus accessible, merci Antoine de la précision), mais aussi Processing, Field...

2012
L’internet des objets se met réellement en place grâce à l’adoption généralisée d’un protocole et d’un langage commun d’échange de données. Ce protocole vient une fois de plus de Tim Berners-Lee et de son équipe, 23 ans après le langage Html et le protocole Http. Auparavant chaque type d’objet avait son propre langage de communication lié à son constructeur, nous assistions à une guerre sans merci entre ces différents protocoles de communication. Chaque constructeur espérant que sa propre norme l’emporterai sur celles de ses concurrents. Les objets Sony ne discutant qu’avec du Sony, Apple avec Apple, Microsoft...
Dorénavant les objets parlent tous le même langage, le SkyNetML. Les machines ont leur propre langage et discutent entre elles et ne disent pas que du bien de l’espèce humaine;-)...

dimanche 5 avril 2009

édition en ligne, de nouvelle questions...

édition en ligne, de nouvelle questions... auxquelles je n’ai pas vraiment de réponses :

• Le sites de presse ont de la pub partout sur la HomePage, avons-nous sur les premières de couvertures avec autant de pub dans la presse papier?

• A quoi sert le fait de tartiner de la pub sur la HomePage? alors que la grande majorité des internautes arrivent directement sur des articles particuliers sans passer par la Homepage via Google .

• La HomePage n'a pas la même fonction que la première de couve d'un journal papier.

• Il est étonnant de voir que certain blog (avec une personne ou presque) font presque autant d’audience que de grands sites web d’informations, comme les blogs Eolas ou Presse-Citron.

• il y a quelques années les gens étaient « fiers » d’avoir sous le bras, Le Monde, Libération, Le Figaro, l’Humanité... actuellement qui peut être fier de consulter Le Monde ou Libération sur son ordinateur ou sur son Iphone? Ces journaux doivent arriver à retrouver leur identité et leur légitimité sur le Net. Cela ne peut se faire que par des décisions radicales (sur la forme et le fond), sinon autant consulter Google News ou le nouveau 2424actu d’Orange.

• Comment faire confiance à un magazine uniquement financé par la pub?

• Allons nous avoir deux types d’informations, l’une gratuite et répétée à l’infini sur le Web (un écho sans fin) et une autre originale, argumentée et documentée mais payante?

• Les versions papiers vont devenir des objets de luxes? le papier doit s’affirmer en tant qu’objet, il doit assumer (et utiliser) son support physique.

• Les sites d’informations doivent absolument se différencier formellement des blogs, un journal n’est pas un fanzine...

• Il est étonnant de voir par exemple pour le site du Monde (tout les sites en ligne ou presque font des fautes typos), un nombre de fautes typographiques incroyables (utilisations des " au lieu de «, les apostrophe ' au lieu de ’...), fautes que l’on ne retrouve par sur la version papier. Preuve que la version Online est encore traitée comme un sous-produit de la version papier. Je ne connais pas trop le monde des journalistes mais je suis sûr que s’occuper de la version Online d’un journal papier n’a pas toujours été une promotion.

• Les blogs amateurs (les fanzines) sont souvent de meilleure qualité graphique que les sites professionnels, une grande partie des thèmes de Wordpress par exemple sont de grande qualité (et gratuit).

• Affirmer très fortement son identité, aussi bien formelle qu’éditoriale (les deux vont ensemble), utiliser la photo exemple d'une manière sensée, sensible et intelligente (les couvertures de Libération il y a quelques années).

le futur :

Pourquoi pas un système à la Onlive (la machine de l’utilisateur n’est plus qu’un terminal recevant des images générées par un serveur distant), permettant de contrôler parfaitement le rendu des texte, des photos et des vidéos quelque soit la machine de l’internaute. Même si ce genre de proposition va à l’encontre de la philosophie du réseau (une délocalisation totale), nous pourrions imaginer dans le futur ce genre de système appliqué à une « vraie » télévision interactive.

Nous (sommes!) serons connecté en permanence, l’accès à l'information est immédiat, nous pouvons consulter sur le même écran (le même « device ») les informations classiques mais aussi la dernière vidéo Youtube débile, ou un message de sa petite amie. L’objet de consultation sera le même (comme actuellement votre écran d’ordinateur).

Formellement les navigateurs peuvent améliorer grandement la lecture (exemple des ligatures gérées dans FireFox3), pourquoi ne pas imaginer que dans un futur proche, les principaux navigateurs permettront les césures et le multicolonnage (avec le texte courant d'une colonne à l'autre).

Amélioration des standards sur le Web par le W3C, permettant d’obtenir une formalisation typographique et de mise en écran digne de ce nom (honnêtement j’ai peu d’espoir dans un avenir proche, l’évolution étant trop lente par rapport aux besoins, car entre les définitions des spécifications et leurs applications il existe un temps considérable).

Une autre direction, la fin des navigateurs et le développement de Web Application spécifique pour chaque journal (un peu comme sur l’Iphone en ce moment, NYTimes, Le Monde...).

Disparition du web (pour la presse en ligne et les services comme la SNCF, horaire, réservations en ligne...) sur écran d'ordinateurs (un peu comme au Japon), pour se déporter vers des objets comme le téléphone, mais aussi vers des objets de la maison (écran dans la maison, table interactive, console de jeux...) ou sur les vêtements...

(maj, merci Ben) j’avais aussi oublié une évolution possible du format pdf, avec des interactions beaucoup plus sophistiquées (avec du Flash, du Flex...)

vendredi 27 mars 2009

le futur de l’édition en ligne, quelques hypothèses

Dans ce billet je me propose de parler de l'édition en ligne et de son avenir (si c’est possible). 
Il s’agit de mes notes préparant une conférence sur la presse en ligne qui aura lieu ce 7 avril (organisée par e-artSup).
--> un lien vers le pdf de présentation de cette conférence.

Petites précisions avant de commencer : 

• Ce billet est particulièrement long et le format vertical de ce blog est particulièrement mal adapté à ce genre de texte. Justement ce texte parle de ce problème, donc, faites ce que je dis mais pas ce que je fais;-)
• je ne parlerai pas du fond et de la pertinence des articles des journalistes, je vais me focaliser essentiellement sur les formes et les usages de notre « consommation » de l’information en ce début du XXIe siècle. 
• Je suis abonné à Mediapart et arrêts sur images, et je lis régulièrement le Monde et Libération (en ligne la semaine et dans sa version papier le samedi).
• je trouve que nous vivons une période absolument passionnante avec des milliers de choses à découvrir et à inventer dans ce domaine. 
• j’essaye aussi d’analyser la manière dont je lis depuis ces quatre dernières années.
• Il s’agit d’une série de notes pas encore bien articulées entre elles, ce texte est juste un brouillon permettant de préparer un débat que l’on peut commencer içi.

résumé

Si vous n'avez pas le courage de lire cette longue colonne de texte (pas du tout adaptée à une lecture attentive), en voici un résumé (ou le pitch).
La presse sur papier décline, mais les versions online ne sont absolument pas satisfaisantes pour les lecteurs.
L’avenir de la presse ne serait-il pas sur l’iPhone (ou autre PDA avec un grand écran) mieux adapté à une lecture verticale et fragmentée?

Introduction 

Nous sommes à une période charnière, la presse traditionnelle papier (je parle des Libération, Le Monde, Le Figaro...) est au plus mal financièrement. Depuis environ cinq ans, une mutation inexorable se produit: 
• de moins en moins de lecteurs pour les journaux 
• apparition des gratuits,
• de moins en moins de petites annonces (un des principaux revenus de ces journaux il y a quelques années), 
• de moins en moins de publicité dans les journaux papiers et migration des budgets vers le Online (avec Google devenant le partenaire indispensable et remplaçant presque totalement les régies publicitaires.) 
• des frais d’impression et de distribution toujours fixes 
• pression financière et donc politique (de nombreux « scoop » sortent dorénavant via la presse en ligne beaucoup moins soumise aux pressions financières et politiques, pour le moment en tout cas!) 
• apparition de concurrents sérieux et crédibles en ligne (Rue 89, Bakchich, Mediapart mais aussi des sites francophones Suisse, Belge... )
• concurrence avec les blogs amateurs. 
• une très tardive prise de conscience des journalistes de l’importance d’internet (écoutez un peu le discours de Philippe Val pourtant souvent très pertinent, mais son discours concernant le Net est incroyablement caricatural, Wikipedia, c’est mal, le blog c’est Le mal... on se croirait dans un reportage de TF1 concernant les jeunes et les jeux vidéos). 
• concurrence de la radio et de la télé, toujours en avance techniquement sur l’actualité 
• crise de confiance des lecteurs auprès des journalistes (on nous cache des choses, les journalistes sont les amis des politiques...)
• vieillissement du lectorat et surtout non renouvellement des lecteurs 
• apparition de nouveaux supports de lecture comme les PDA, téléphone ou même le livre électronique (on va y revenir plus tard) 

Voici donc résumé brièvement les nombreux changements que la presse traditionnelle doit prendre en compte.

Disparition de la presse papier?

La presse papier, pour passer ce cap, va devoir donc radicalement changer aussi bien dans son contenu, son approche mais aussi dans sa forme. La presse « papier » telle que nous la connaissons va peut-être disparaître. Attention je ne parle pas des magazines ou des romans, ce genre de littérature va sûrement évoluer avec le temps mais elle va rester sur papier, en effet quoi de plus agréable et utile qu’un livre au format poche dans le train ou le métro? quoi de plus flatteur pour des photos qu’un magazine imprimé sur du beau papier? Tout comme la presse enfantine (les livres pour enfant n'ont jamais été aussi beaux et intelligents qu’actuellement), il va y avoir évolution dans la forme et le contenu mais pas disparition du support papier (exemple de la non disparition du théâtre malgré l'arrivée du cinéma). 
Par contre pour la presse traditionnelle, je ne parierai pas pour son avenir sur papier dans les 10 ans avenir, même si cela peut sembler choquant pour beaucoup de personnes la presse papier me semble condamnée, en tout cas sous sa forme actuelle. 
C'est un peu comme la production automobile actuelle, nos « grands constructeurs » nous font croire que ce n'est pas possible qu’ils disparaissent, que leurs voitures disparaissent... mais si ces voitures ne sont plus adaptées à notre monde, pourquoi ces voitures à quatre roues avec un moteur à explosions roulant à 200 kh devraient elle encore être produites? Si elles ne répondent plus du tout à nos usages et à nos attentes, devons-nous quand même en acheter? Il serait temps de se poser la question pour ces constructeurs (du Monde entier, je n’ai rien personnellement contre Renault ou Citroën;-) de la notion du déplacement dans notre monde. Que veut dire déplacement? que veut dire voyager au XXIe siècle? et essayer de nous proposer des solutions adaptées au lieu de nous obliger à nous déplacer comme au milieu du XXe siècle (avec comme menace implicite: « si vous n’achetez plus nos voitures, il va y avoir beaucoup de chômeurs et ce sera votre faute! »). Les producteurs dans la musique nous font la même chose: « si vous n’achetez plus nos disques, la création artistique est en danger! ». Bon je m'égare, mais l’attitude de la presse papier en France me fait un peu penser à ça: « si vous n'achetez plus nos journaux la démocratie est en danger! », je caricature, bien sûr!.
Il faut surtout se poser des questions comme : l’information en 2009 c’est quoi? de quelle manière les gens lisent? comment accédons-nous à l’information? quel support semble le plus approprié pour la lecture? le grand format des journaux est-il approprié à nos mode de lecture, de déplacement...

Je me propose de regarder devant moi. 

Curieusement la plupart des articles concernant l’évolution de la presse en ligne ou sur papier ne s'intéressent jamais à la forme ni au support se trouvant dans nos mains et devant nos yeux. Nous avons de nombreuses et brillantes analyses financières, sociologiques, politiques, économiques, historiques et même marketing, mais jamais (ou presque) la question de la forme (physique et graphique). Je suis graphiste de formation, je dis donc voir la réalité un peu déformée (toujours essayer de deviner la police de caractère d’un magazine, la grille, la technique d’impression, la qualité du papier, les couleurs, les interlignages, les interlettrages, les césures, le logiciel utilisé, les fautes typos, les capitales accentuées... bref je deviens fou;-). 

Je prends l’exemple du journal Le Monde, la version papier me semble très satisfaisante, j'arrive très rapidement à comprendre l’ensemble de la mise en page, la lecture est fluide, notamment grâce à une grille sur 6 colonnes et aux caractères utilisés. La hiérarchie de l’information est très bonne, je trouve assez facilement l’information que je cherchais, mais aussi et surtout des informations de que je ne cherchais pas mais qui m'ont tout de même intéressé. C'est à mon avis la grande différence avec une version online. Sur le web: on trouve ce que l'on cherche, dans un journal papier on trouve aussi ce que l'on ne cherchait pas. C'est une différence fondamentale pour moi. La lecture régulière d’un journal papier va vous ouvrir vers de nouveaux horizons, au contraire la lecture unique de sites web, va vous spécialiser grandement dans un domaine sans vous ouvrir vers d’autres horizons. 
Si nous comparons avec sa version en ligne (même si Le Monde papier et Lemonde.fr sont en fait deux sociétés différentes), nous pouvons y voir une totale incohérence graphique entre la version papier et la version Online. Honnêtement, si il n'y avait pas le logo Le Monde en haut à gauche de l’écran, nous pourrions confondre avec n'importe quel autre site d’infos en ligne. Comme d’habitude, la version online (pas uniquement celle du Monde, ce discours peut-être appliqué à presque tous les sites en ligne, voir à tous les sites Web en général, ce blog y compris) est catastrophique visuellement et typographiquement parlant. Nous perdons d’un seul coup plus de 2000 ans d’histoire de la typographie et de la lecture. Pour des raisons techniques, mais pas seulement, avec le Web (qui fête ses 20 ans ce mois de mars 2009) nous ne pouvons plus utiliser facilement: 
• le multicolonages (la base même de la lecture d’un journal sur papier), 
• les césures (permettant de rendre beaucoup plus harmonieuses les lignes de textes dans les colonnes) 
• un choix de la police de caractères est limité grossièrement à l’Arial, Courier, Times New Roman, Georgia, Verdana, Comic sans (on ne rit pas;-), il faut aussi remarquer que ces caractères ne sont pas du tout adaptés à une utilisation sur écran (sauf le Georgia, Verdana dans des corps précis) 
• les capitales accentuées, les Œ, les ç, les ligatures, les approches de paires (on pourrait continuer longtemps comme ça)...
Ces « détails » typographiques, ne sont pas à prendre à la légère, nos yeux (et surtout nos cerveaux) sont habitués à lire d’une certaine manière en respectant un grand nombre de conventions typographique. Ne plus respecter ces règles typographiques ne fait que ralentir la lecture et la rend pénible (pour caricaturer nous pourrions dire qu’une bonne typographie c’est celle qui ne se voit pas, tout comme un bon montage au cinéma.). Les règles typographiques ne sont pas là pour « faire joli » ou faire plaisir à quelques typographes grincheux, mais au contraire à faciliter, à hiérarchiser, à fluidifier la lecture afin de mettre en avant le contenu du texte. 
La lecture d’un journal papier est un plaisir, la lecture d’un site web de presse est une obligation. La lecture en ligne est beaucoup plus pénible et fastidieuse, la hiérarchie de l’information est difficilement compréhensible...
Il existe même un outil comme:Readability permettant de rendre l’expérience de la lecture de meilleure qualité sur le web, malheureusement cette technique uniformise graphiquement totalement le contenu, mais c'est une piste intéressante.
Par contre il faut noter un avantage incroyable des sites en ligne : les commentaires des internautes et les discussions que cela peut engendrer très rapidement.

Comparaison du site Le monde sur Iphone et sur le site web classique.



Si nous comparons sa version Web et sa version Iphone, il est incroyable de voir que le nombre d’informations pertinentes pour le lecteur (j’enlève donc la publicité et les barres d’interface du système) est exactement la même (voir l’image au-dessus, même si elle es très malheureusement très réduite). Malgré une surface de visualisation huit fois plus importante, le site du Monde sur le web ne montre pas plus d’informations (même nombre de signes et autant de photos) que sa version iPhone!
écran Iphone: 480/320 = 153 600 pixels
écran PowerBook 1440/900 = 1 296 000 pixels

Un des grands avantages sur le web étant la séparation du contenu et de la forme, il serait donc normal que le site s’adapte à la taille et à la résolution de l’écran de l’utilisateur, mais malheureusement le design du site est fait pour une taille unique d’écran (en général le 800/600 datant de plus de dix ans) au détriment de la majorité des utilisateurs actuels.
Le site de Voyages-SNCF (le plus mauvais exemple de site web au monde à mon avis) est très bien sur iPhone (http://voyages-sncf.mobi/). Il est très intéressant de remarquer que les contraintes techniques très fortes de la visualisation sur un iPhone poussent les concepteurs à être beaucoup plus pertinent et à aller à l’essentiel au grand bénéfice de l’utilisateur.

exemple de la place « perdue » dans un site web comme Le Monde.


Dans cet exemple, il ne reste que 30% de la surface utilisée pour de l’information pertinente (dans le rouge) pour le lecteur. Entre l'interface de l’Operating System, celle du navigateur et la mauvaise gestion de la taille de l’écran nous arrivons à ce constat d’échec.

Confrontation entre logique utilisateur et logique informatique. 

Avez-vous remarqué que tous nos sites d'informations (ce blog y compris) sont tous structurés verticalement en empilant indéfiniment les informations (essentiellement pour des raisons techniques), mais nos écrans sont tous ou presque horizontaux. Il est assez curieux de penser que les sites web sont tous conçus verticalement alors que leurs supports de visualisation sont tous horizontaux (le format 16/10 devenant la norme depuis quelques années pour des raisons de coût de fabrication). 
Nous nous retrouvons bien vingt siècles en arrière à l’époque du Volumen (grand rouleau) et avant l’apparition du Codex (un livre avec des pages reliées permettant le feuilletage).

exemple du site Le Point :

Voici une capture d’écran du site Le Point, ce site pourtant est l’un des mieux fait du moment, utilisation de photos, textes assez court, navigation très simple... ce site marche en fait très bien sur un iPhone (je vous jure que je ne suis pas payé par Apple;-) mais sur mon écran d’ordinateur j'aimerai une mise en page mieux adaptée à ma surface de visualisation horizontale, à mon utilisation de la souris... bref nous sommes encore à la préhistoire de ce que l’on pourrait faire techniquement et graphiquement.


Nous sommes dans une confrontation assez intéressante, pour des raisons techniques il est plus facile de faire un site avec des infos s’empilant verticalement, alors que le lecteur final, lui possède un écran fait pour une lecture horizontale. Il y a donc une fois de plus une opposition entre ce que permet la technique et ce qui est utile pour l’usager, malheureusement pour le moment nous privilégions d'abord les contraintes techniques.

C’est un peu comme le fameux menu « démarrer » de Windows dans lequel on doit cliquer pour éteindre son PC. Il existe une confrontation entre une logique technique (éteindre un PC, c’est avant tout démarrer de nombreuses procédures permettant d’éteindre « proprement » la machine) et une logique d’utilisateur (éteindre son PC, c’est un peu comme éteindre la lumière avec un interrupteur). Pour l’instant Microsoft privilégie une logique technique dans son Operating System, mais je suis sûr que cela va changer très prochainement (Microsoft communique de plus en plus sur le design, les usages, Microsoft parle même de supprimer des fonctionnalités inutiles dans son prochain Word...).

un exemple de ce que l’on pourrait faire avec le site du Point

J’ai pu faire une tentative de réponse ergonomique (ne prenez surtout pas cela pour quelque chose de fini, c'est juste une piste de réflexion), j’ai pris le vrai contenu du site (la home page du Point) et j'ai essayé de la faire rentrer dans mon écran (PowerBook...) sans aucune contrainte technologique (Html, java, Ajax, flash, Silverlight... je m’en moque à ce stade de la réflexion).
Vous pouvez voir cette démo en téléchargeant ce fichier QuickTime (150 Mo avec le son, --> clic droit / enregistrer le lien sous...).
Attention cette vidéo est en taille réelle, donc il vous faut un écran de 1440 pixels de large (75% des lecteurs de ce blog ont une largeur d’écran de 1600 pixels ou plus, désolé pour les autres).



--> exemples des étudiants ayant travaillés sur ce même sujet.
Et aussi un lien vers une controverse concernant ce genre d’exercice.

La forme physique des journaux

L’encre qui tache les mains, le format, le type de papier, le format pliable... sont-ils adaptée à nos usages?

le CD audio

est-il le bon support actuel pour la musique? L’usage que nous avons actuellement de la musique est différent (mobilité, échange, streaming...). Les musiciens ayant des morceaux dans des jeux comme Rock band n’ont jamais été aussi bien payés, il existe donc des solutions financières, mais pour cela il faut changer les offres proposées.
Des sites comme Spotify ou Deezer me semble de bonnes pistes de réflexions.

La radio

De son côté, la radio, avec le Podcast s'adapte et utilise très bien les nouvelles possibilités technologiques, avec pour preuve la politique d’Arte radio, France Inter ou France Culture. En effet ces radios offrent une grande diversité de leurs programmes via les Podcast et le téléchargement libre, cela permet de se replonger dans les archives et surtout de pouvoir écouter ses émissions préférées quand on veut. Un autre exemple, dans un autre genre est celui de la radio Skyrock et ses skyblogs qui se retrouve tout de même le troisième site le plus visité de France d’après Alexa juste après Google mais devant FaceBook (juste pour info le site de la Sncf, ne se trouve qu’à la 50ème place;-).

et la télé?

Mais que fait la La télé ou le cinéma avec la VOD? il existe un nombre incalculable d’offres de VOD, mais toutes différentes, avec des prix différents mais aussi avec des solutions techniques toutes différentes (certaines marche 24h, d’autres 2 h, en streaming, en téléchargement, d’autres juste sur PC?...) bref il est plus facile de pirater un film que de l’acheter en ce moment (en plus vous avez les sous-titres pour les VO). 
par contre il existe des exemples intéressants, comme la chaîne France 24 avec son site pour Iphone ou LCI mettant presque toutes les émissions en Podcast.

des solutions techniques

Il existe aussi de nombreux développeurs proposant des alternatives, des outils, de nouvelles librairies, du code... permettant d'’améliorer grandement la lecture, en vrac quelques exemples: 
www.smashingmagazine.com
nous avons des exemples des possibilités du futur CSS3
le multicolonnage avec Malo et aussi Emastic
Blueprint et aussi 960.gs
le blog de Vladimir Carrer
évolution dans le choix de ses polices (pas pour tout de suite): http://blogs.adobe.com/typblography/
Des précisions sur les polices. eot (système permettant d’encapsuler la police de caractères).
police de caractères et CSS3
pour tester ses typos: typetester.org/
un site concernant la grille: http://www.thegridsystem.org/
et bien sûr Flash (pour l’instant la meilleure alternative concernant la typo sur le web, mais ayant aussi beaucoup d’autres désavantages, surtout techniques) un plugin permettant de faire du multicolonnage.
Une très belle expérimentation sur le site du NewYork Times.

Il faut aussi noter les exemples des polices de caractères dessinées pour l’écran livré avec Flash CS4, comme avec Ceriph, Copy, Header, Hooge...

En parlant de Flash, on ne comprend toujours pas pourquoi Adobe n’utilise pas les algorithmes très performants concernant la typographie d’InDesign à Flash. Il est assez surréaliste de penser qu’une même société n’utilise pas ses propres avantages. Si nous avions les possibilités typographiques d’Indesign intégré à Flash se serait extraordinaire (finesse typo, césure, interlettrage très fin...). Mais une fois de plus nous avons visiblement une confrontation entre deux cultures différentes, l’une technique avec Flash (le Web est avant tout une affaire technique), et l’autre axée sur la lecture et la typo avec InDesign.

(maj) une démo de ce que l’on peut faire avec le Text Layout Framework de Flash 10.

s’affranchir du navigateur web

Pourquoi ne pas faire un « petit » Reader en Air (ou une autre technologie permettant de faire des Widgets installés en local) permettant de lire les flux d’informations d’une manière beaucoup plus ergonomique (bonne police de caractères, taille de l'écran..)? L’idée serait de remplacer le navigateur web (avec toutes ses contraintes techniques) par une application beaucoup plus autonome techniquement et graphiquement.
--> Exemple du Times Reader qui s’adapte à la taille de l’écran et reprend une lecture horizontale (merci Olivier;-)
--> une démo vidéo est visible à cette adresse.
--> une explication plus précise techniquement sur tv.adobe.com/

Usage et temps de la lecture

Concernant la lecture, il faut distinguer différentes choses:
travail ou divertissement
roman ou magazine
lieu de consultation
appareil (device) de consultation

le futur de l'édition électronique ne serait-il pas sur les PDA et l’iPhone?

Aux États-Unis L'iPhone (avec l’Itouch) prend la tète des navigateurs Internet de poche avec 38 %, contre 22 % pour Opera, 18 % pour Nokia, 5,8 % Blackberry, 3.4 %. pour la PSP.

En effet l’iPhone (ayant autant de défauts que de qualités, mais le « copier-coller » arrive tout de même cet été), permet de naviguer presque normalement sur des sites web (il manque un player flash!!!!!!!!!!!). Son écran de 480 sur 320 pixels à 163 dpi permet de lire tout à fait convenablement verticalement, et l’usage intelligent de l'écran tactile (la rotation et zoom, mais aussi et surtout le fait de s'adapter dynamiquement à la taille des colonnes sur un site web) permet une expérience de navigation tout à fait satisfaisante pour ce genre d’objet. Il est à noter que de nombreux sites d'informations on crée très rapidement une version Iphone de leur site (Libération et le Monde étant dans les premiers à le faire), preuve du succès de ce téléphone, et sans oublier que les possesseurs d’Iphone sont aussi des cibles privilégiées (CSP ++) pour les annonceurs.
Les PDA (car il n’y a pas que l’iPhone dans la vie, il y a par exemple le Nokia N810 avec son écran 800 x 480 pixels à plus de 250 dpi) avec leurs écrans verticaux ont un grand avantage pour la lecture de site construit verticalement.
voir l’exemple du site du Monde cité précédemment.

Si nous comparons la taille d’un Iphone, il correspond exactement à la largeur d’une colonne du journal Le Monde version Papier (avec ses six colonnes par page).

allez sur un site d’informations est rarement un plaisir

Dans ces sites web, on utilise une grammaire interactive très primaire, on autorise juste le clique, pas de roll over, pas de détections du mouvement de la souris, pas de clique long, pas de drag’n drop...
Sur le web nous donc perdons toutes notions de plaisir de lecture, allez sur un site d’informations est rarement un plaisir, nous y allons d’une façon presque obligatoire mais pas par hasard (contrairement à un magazine papier, ou l’on peut tomber par hasard et avec plaisir sur des photos, un article intéressant...). Actuellement les concepteurs de site d’informations privilégient largement l’aspect technique au détriment du plaisir du lecteur. Alors que lire sur un Iphone, passer de page en page juste par effleurement de l’écran, zoomer sur un texte juste par pression sur l’écran.. apportent une sensation de fluidité inégalée et permet une navigation agréable entre les différents articles. Malgré son écran 10 fois plus petit, l’iPhone permet actuellement une lecture plus agréable que sur un écran d’ordinateur classique.

Il faut aussi noter l’apparition de logiciels sur iPhone comme Stanza (utilisant les césures, miracle!), Ichm, Ereader ou le Kindle (le format ebook d’Amazon, qui vient de comprendre que le futur de l’eBook est l’iPhone), mais cette application n’est pas disponible sur le Store Français! Nous avons aussi des solutions sur Mac ou PC comme avec Adobe digitaleditions) qui permet de lire des livres au format eBook (avec de nombreux formats différents comme les. lit,. pcr,. epub,. chm...), avec lesquels la lecture commence à devenir presque agréable sur un écran....
Il faut aussi notre que sur des sites comme www.feedbooks.com (consacré aux contenus téléchargeables pour eBook) la moitié des « livres » téléchargés, le sont au format Iphone (ce qui me rassure, je ne suis pas le seul à lire sur mon Iphone;-).

Web versus téléphone au Japon

Le web classique n’est pas très important au Japon, car les Japonais préférèrent consulter les sites sur téléphone portable. Si vous demandez une adresse ou un horaire de train à un Japonais, il ne va pas consulter son ordinateur, mais son téléphone. Le web et la téléphonie mobile sont arrivés presque en même temps au Japon (et en Corée), les mêmes services se sont retrouvés en même temps sur les téléphones et le web, et d’une manière très logique les Japonais se sont tourné vers l’outil le plus pratique (le téléphone) malgré la pauvreté des écrans de visualisation. Il arrive souvent que cela ne soit pas la meilleure technologie qui gagne (VHS/Betamax, LaserDisc/DVD, la GameBoy/PC Engine GT... ), mais souvent la plus simple, la plus pratique ou la moins chère.

le livre électronique

Concernant les lecteurs d’Ebook, qui va acheter un lecteur à plus de 300 euros?
(le Kindle d’amazon ou le Reader eBook de Sony sont autour de 300 euros) alors qu’un Iphone permet de faire la même chose et il tient dans votre poche (+ il peut faire téléphone, navigateur web, Ipod, console de jeux...).
Vous, qui vous promenez avec votre Ipod, votre téléphone, votre PC portable, votre appareil photo numérique... pensez-vous encore rajouter un objet dans votre sac avec ses câbles, sa housse, son transfo
Je pense que l’encre électronique va se retrouver sur de nombreux écrans (souvent en extérieur et pour des usages professionnels, un Tablet PC avec un écran utilisant une encre électronique, téléphone basse consommation...) mais que l’objet eBook n’a aucun avenir (surtout à ce prix), son usage est trop proche d’un PDA, d’un ordinateur portable, ou même d’un livre en papier. Et il n’offre pas assez d’avantages pour se différencier totalement de ses autres objets concurrents. De plus l’argument de pouvoir stoker sur son eBook énormément de livres en local est totalement obsolète, car nous allons être dans un Monde en permanence connecté ou nous pourrons accéder à n’importe quel instant à nos donnés en ligne. Essayez par exemple sur votre Iphone le soft Simplify media, cela permet d’accéder à votre librairie Itune à distance, dans autre genre Spotify permet d’écouter de la musique en streaming très facilement. Le stockage n’est dorénavant plus un problème.

Concernant la lecture de magazines en ligne je passe très rapidement sur les sites comme Zinio permettant de visualiser les .pdf des magazines papiers. Je trouve totalement sans intérêt (sauf pour de l’archivage) la lecture sur écran d’une maquette faite pour le support papier.

conclusion

J’en arrive donc à la conclusion (très très provisoire) que l’avenir de la presse à court terme (5 ans environ, même si 5 ans semble une éternité dans notre Monde actuel), va se passer sur nos PDA, Iphone et autres téléphones à larges écrans.
Les journaux (pas les magazines) vont devoir absolument passer au Online et même passer sous un format propre aux écrans des téléphones. Cela va donc changer totalement notre manière de « consommer » l’information, changer la manière d’écrire, de lire, de naviguer...
La semaine je consulte (je n'ai pas dis : « je lis ») des blogs et de sites en lignes car je n'ai pas trop le temps de me poser, mais le weekend je lis des magazines papier. Il serait donc envisageable (pour mon usage en tout cas) de faire un numéro papier de très haute qualité (contenu et contenant) chaque semaine, faisant un résumé de la semaine, avec des photos, des illustrations, des réflexions, des articles de fond, des dossiers, des retours sur les commentaires des internautes...
On garde la version en ligne gratuite, pour le flux d'informations (sans presque aucune hiérarchie) et permettant de réagir avec un système de commentaires très réactifs, et au contraire chaque semaine une version papier beaucoup plus fouillée et payante sur abonnement, avec une hiérarchisation de l'information très forte, avec un point de vue éditorial... Économiquement (et je ne suis vraiment pas un spécialiste) on peut penser que les gens ne sont pas prêts à payer pour l’info en ligne (un peu comme la musique), par contre payer chaque semaine pour avoir un « beau » magazine papier que l’on gardera, je suis sûr que cela est envisageable. Nous pourrions donc imaginer, un système fournissant du contenu tous les jours sur un support Iphone (ou autre) gratuitement, mais payant chaque semaine pour sa formule papier.

quelques liens:

--> http://lafeuille.homo-numericus.net
--> http://www.issue-magazine.net/
--> pour une écologie informationnelle
--> le blog concernant les évolutions du site du NewYork Times, à ma connaissance le meilleur exemple concernant la presse en ligne.
--> et encore un grand merci monsieur à André Behrens le designer, développeur, créateur du New York Times Article Skimmer (je vous conseille d’aller dans les settings pour vous amuser)..

ps : j’ai commencé à écrire ce texte dans un café avec ces trois personnes devant moi, avec pour chacune un mode de lecture différent (livre, ordinateur, téléphone).

samedi 13 décembre 2008

Voyages-sncf.com, site favori de l’année 2008...

Voici une capture d’écran d’un mail que de nombreuses personnes ont pu recevoir de la part de la SNCF (je n'ai personnellement pas reçu ce mail, ou alors dans les spams, mais merci à mes nombreux amis m'ayant envoyé une copie de ce mail : Melina, Jean-Philippe, Jean-Noël, Sébastien...).
je ne sais pas si c’est une blague, mais si c’est vrai, c’est une grande réussite;-)



je cite « Chère cliente, cher client,
Vous avez élu Voyages-sncf.com, site favori de l'année 2008.
Toute l'équipe se joint à moi pour vous remercier de votre confiance et de votre fidélité. Soyez sûrs que nous continuerons à mettre chaque jour notre expertise et notre passion pour faire de Voyages-sncf.com votre site favori en 2009, en 2010, en 2011... en 2020...

Rachel Picard
Directrice Générale ».

Une fois de plus, l’humour et le cynisme de la SNCF sont sans limite, se vanter (qui décide de les choisir comme meilleur site de l’année?) alors que ce site est juste une insulte à tous ses usagers. Je ne connais pas madame Rachel Picard, mais si vous travaillez à la SNCF, essayer de lui dire gentiment de rester un peu plus humble face à ce site et de communiquer un peu plus respectueusement avec les pauvres internautes qui n'ont pas d'autres choix que de passer par cette horreur de site web. Une autre solution, serait qu’elle essaye juste elle même de pendre quelques billets via son site web.
Je suis toujours effaré de voir l’évolution de l’image de la SNCF, dans les années soixante-dix et quatre-vingt, les Français étaient plutôt très satisfait de cette entreprise, puis petit à petit, son image et son attitude se sont totalement détériorées, au point de nous considérer (les usagers) comme des ennemis (a arnaquer avec des tarifs totalement incompréhensibles via un site web honteux et buggé) ou des bestiaux à empiler dans des rames.

Et pour le plaisir une capture d’écran du site Sncf voyages faite à 14h ce samedi 13 décembre 2008, rien à dire c’est parfait, de très bonnes fêtes à voyages SNCF, continuez comme ça en 2009, 2010... ;-)


Quelques liens (que je ne regrette pas) concernant la SNCF :

sncf.com est un des sites les plus fréquentés de France mais c'est aussi un des pires

Paris - Limoges - Paris avec la SNCF

SNCF, doit-on vraiment en arriver là?

Poste / SNCF

de l'incohérence de l'identité visuelle de la SNCF

maj : d'autres liens concernant ce mail :

http://blog.gonzaguedambricourt.com/
http://blog.darklg.fr/

et aussi un lien vers le jury ayant décerné voyages-sncf comme meilleur site de l’année 2008.
Vous pouvez écouter aussi une émission sur BFM parlant de cet « évènement », et aussi un extrait concernant la SNCF (fichier mp3, faite un clic droit + sauver sous...) un grand moment et surtout bravo au professionnalisme du « journaliste » qui pose vraiment les bonnes questions.

Je ne m’en lasse pas ;-)
meilleur site de l'année a été attribué à voyages-sncf.com.
meilleur site « Mode » a été attribué à laredoute.fr.
meilleur site « Produits culturels » est attribué à fnac.com.
meilleur site de « Produits techniques » récompense cdiscount.com...

dimanche 30 novembre 2008

Linux sur Iphone, le retour de Sonic, guerre et jeu vidéo, Obey Nicolas Sarkozy, insurrection et zombies féministes

Voici un peu en vrac différentes informations qui cette semaine m'ont intéressé (entre autres).

Le portage d’un Linux sur un Iphone (bon courage;-), à quand un portage d’Android de Google?


iPhone Linux Demonstration Video from planetbeing on Vimeo.

Sonic Xtreme
Une équipe continue visiblement toujours d’essayer de sortir le mythique Sonic Xtreme (le premier Sonic en « full 3D » qui aurait du sortir sur la console Saturn de Sega en 1996, mais qui malheureusement ne verra jamais le jour). Une des particularités de ce jeu, était sa vision en 3D déformée (un Fish-Eye nommé Reflex Lens) permettant d’avoir une idée très précise de l’environnement 3D (très belle idée).
Voici deux vidéos de démos :





--> pour les nostalgiques : www.lostlevels.org

Pix’n Love
Sortie de deux nouveaux ouvrages concernant les jeux vidéos chez Pix’n Love, le numéro 1 des cahiers du jeu vidéo, consacré à la guerre dans l'histoire dans jeux vidéos, avec par exemple un très bon dossier intitulé : L'Intifada en vue subjective : le conflit israélo-palestinien vu par les jeux vidéo arabes.
Et aussi le nouveau Pix'n Love #6 (avec justement l’historique de Sonic Xtrem)




Yes we can!
De fausses images (pour l'instant les auteurs sont encore inconnus) dans les rues de Paris de Shepard Fairey concernant Nicolas Sarkozy.
Shepard Fairey est connu pour son travail graphique utilisant une esthétique «totalitaire» dénonçant un peu le pouvoir de la propagande. Ce qui me gène c'est qu'en même temps il dirige une agence qui justement fait des affiches de « propagandes » exactement dans le même style graphique, comme celle pour Barack Obama, mais aussi pour Virgin, Honda...



photos fannypouic

et l’affiche originale :




JG Ballard
Sur France Culture, un mauvais genre spécial James Graham Ballard, un des plus importants auteurs de SF. Il est connu par exemple pour son très déstabilisant roman Crash mélangeant sexualité et accident de voiture (quand vous lisez ça à 16 ans sans être prévenu, ça fait bizarre;-).

l’insurrection qui vient
Je viens juste de finir le dernier essai à la mode : L’insurrection qui vient du fameux comité invisible. C'est très bien écrit et très clair dans le discours, mais je ne vois pas trop les côtés dangereux de ce livre. C'est un point de vue sur la société, et une explication de la position des autonomes.
Après le nombre d’articles plus ou moins idiots consacrés à ce livre (par exemple cet ouvrage pousserait à bloquer les TGV, personnellement le site Web de la SNCF me suffit largement pour me lancer dans une attaque de train;-) , voici la réponse de l’éditeur.
Il faut aussi noter la très belle maquette de cet éditeur (pour une fois que politique et design graphique fonctionnent bien ensemble, il est bon de la signaler). Le design est de Jérôme Saint-Loubert Bié.
Les réactions des journaux sont très étranges dans cette affaire, même France Inter «s’amuse» à bidouiller une interview.

Une vidéo très didactique
la version françaises de Story of stuff



un film de zombies féministes!
Et pour se détendre le nouveau film de zombies à la mode c'est Zombie Strippers avec Robert Englund et Jenna Jameson les cinéphiles apprécieront ;-).



En voici le teaser (mais le film est beaucoup beaucoup mieux)

jeudi 18 septembre 2008

SNCF, ça va rentrer...

Encore une découverte en retard pour moi, un nouveau site SNCF (c'est toujours une joie pour moi, de découvrir ce que les cerveaux du marketing ont encore pu inventer pour la SNCF;-) : www.je-sais.net.
Toujours des menaces, mais cette fois-ci avec une pointe d’humour... Je fais le choix du bonheur avec la SNCF et son site web, je ne sais pas si c’est une bonne idée ;-)



pour le plaisir les anciens articles :

--> Paris-Limoges-Paris avec la sncf

--> sncf doit-on vraiment en arriver là

--> sncf.com est un des sites les plus fréquentés de France mais c'est aussi un des pires

mercredi 23 juillet 2008

SNCF versus La Poste

Nous avons tous pu voir depuis deux ans la transformation de l’architecture intérieure des bureaux de Poste français. En effet, les bureaux de Poste se transforment doucement mais sûrement en supermarché. Voici quelques photos de la Poste de mon lieu de vacances, mais je pense que c’est partout pareil.


Au lieu d'essayer de réduire les longues files d’attentes, les dirigeants de la Poste ont eu cette idée géniale, profiter de l’attente des usagers. La Poste a donc collé de la pub et des choses à acheter le long des fils d'attentes. La Poste applique donc la technique de vente que l'on trouve dans les supermarchés le long des files d'attentes menant vers les caisses enregistreuses (paquets de bonbons, chocolat… au niveau des yeux des enfants).
C’est d’un cynisme incroyable, La Poste, service public, se sert de ses défauts (je ne comprends toujours pas, comment peut-on aller chercher une lettre recommandée en dehors des heures de bureaux?) pour nous fourguer tout et n’importe quoi.
La Poste aurait pu utiliser son budget d’architecture intérieure pour améliorer le système de fil d’attente, séparer clairement l’activité bancaire et postale dans ses agences, améliorer le classement et le tri des colis recommandés… bref améliorer la vie des usagers et aussi de ses employés (car être au guichet d’une Poste n’est vraiment pas très amusant tous les jours, la bonne humeur des gens après plus de trente minutes de fil d’attente pour juste poster un pli laisse assez à désirer;-). La Poste tout comme la SNCF nous prends donc pour des consommateurs et non pas pour des usagers. Il existe une grande différence entre ces deux termes, mais visiblement dans les écoles de commerces françaises la notion d’usager doit être sûrement jugée ringarde et obsolète.

le site LaPoste.fr
Si vous allez sur le site web de La Poste, au contraire de celui de la SNCF, ce site est tout à fait clair est respectueux des internautes. Pas de pubs partout, un contenu simple et précis, séparation entre professionnel et particulier…
On peut bien sûr noter ce clin d’œil à la pochette de l’album NeverMind de Nirvana (même si je ne suis pas sur que le directeur de La Poste soit un grand fan de Nirvana et du Grunge;-)



Sur le site réservé au grand public, les informations sont assez claires, utilisation des menus et sous-menus permettant de naviguer très rapidement dans le site… bref on ne nous prend pas pour des idiots et ça fait presque plaisir.
Quelques remarques tout de même ;-), dans les menus principaux vous avez d’abord «ACHETEZ» avant «ENVOYER ET RECEVEZ DU COURRIER», mais c’est de bonne guerre (j’emploie le mot « guerre » volontairement!).


Par contre dès que l’on rentre dans les détails, ça recommence, les rois des forfaits compliqués et embrouillés ont encore frappé : Colissimo Emballage, Colissimo Recommandé, Colissimo, Colissimo Expert, Colissimo Acess, Chrono 10, Chrono 13, Chrono 18, Chrono Relais, Chrono Premium, Chrono Express, Chrono Import… mais La Poste a au moins la volonté d’afficher ses tarifs très clairement sur son site Web (contrairement à la gestion totalement opaque de la SNCF).

remarques sur le logo de la Poste
pas de commentaire sur la petite boule jaune (très Web 2.0 qui va très mal vieillir), mais surtout ce qui choque c’est la différence d’inclinaison entre la typo et le logo.
Pourquoi ne pas incliner la typo dans la même oblique que le logo? Soit on utilise une typo dans un style «regular» soit une italique, mais dans la même inclinaison que le dessin du logo. Dans la précédente version du logo, nous avions la même chose. Par exemple l’ancien logo SNCF, avait le même degré d’inclinaison que l’italique (ou l’oblique) de l’Univers (sa typo d’accompagnement). Avoir le même degré d’inclinaison permet d’obtenir une cohérence visuelle et une plus grande fluidité dans la perception du dessin du logo.

dimanche 20 juillet 2008

en vacances

Ce blog part en vacances pour deux semaines, mais j’ai pu voir que la relève journalière était très bien faite sur les commentaires concernant la SNCF;-)
J’étais un peu hors du Monde ces deux dernières semaines et je découvre la polémique concernant Siné, et avant de partir je vous montre quelques magnifiques livres et dessins de Siné que j’avais publié il y a trois ans sur ce même blog. Comme vous pouvez voir le monsieur n’est pas à sa première provocation.

Complaintes sans paroles de Siné avec d'’horribles détails et une préface de Marcel Aymé (1956)


en mai 1968


vendredi 11 juillet 2008

Paris - Limoges - Paris avec la SNCF


Je n'ai pas particulièrement envie que ce blog se spécialise dans les tracas que nous occasionnent la SNCF, mais je vais quand même vous raconter ma passionnante journée d’hier. Ce texte a été commencé sur le quai de la gare de Limoges en attendant mon train, puis continué dans le train (d'où les aspects décousus et énervés de ce billet).

Mercredi soir je prends un billet Paris - Limoges - Paris via le merveilleux site SNCF-voyages pour le lendemain. Je renouvelle trois fois ma demande sur le site web, car à chaque fois au moment de payer, le site m'indique que ma date de naissance n'est pas la bonne?
Je paye avec ma carte bleue et visiblement le site ne comprend pas, il pense (si l'on peut dire) que j'utilise une carte Cofinoga (qui se sert de la date de naissance comme moyen d'identification). J’ai beau sélectionner l'option Carte bleue ou VISA, rien y fait, après avoir renouvelé ma demande trois fois ça passe.
--> 20 minutes pour prendre un billet + 158 euros (billet première classe pro, permettant d’échanger mon billet rapidement en cas de besoin)

Jeudi matin, j’arrive pour retirer mes billets sur une borne. je glisse ma carte bleue et fais mon code pour retirer mes deux billets, rien. J'ai un message m'indiquant qu'il n'existe pas de dossier correspondant à cette carte bleue. J’essaie sur une autre borne, pareil. Je rentre mon numéro de dossier, toujours rien! Il est 6 h 35 du matin et on fait déjà la queue aux rares guichets ouverts.
Je me présente donc au contrôleur en lui montrant ma réservation Internet, il ne me dit pas de problème, « montez je vous ferai un autre billet dans le train!». Je le retrouve, il me fait un nouveau billet, mais en majorant de 15 euros mon billet! Je lui demande pourquoi? il me dit que c'est comme ça et que la réservation via le site internet n'est pas une vente mais juste un pré-achat (c’est faux!). Mon compte bancaire n'est pas débité, mais il me dit quand même d’aller vérifier au guichet en arrivant, car parfois sur certains billets il arrive que bizarrement le compte soit quand même débité!

Le train arrive à Limoges avec 10 minutes de retard (normal pour Limoges me dit-on!).
--> +15 euros + 10 minutes de retard

Je vérifie au guichet (après 15 minutes de queue) et bien sûr on trouve mon dossier (donc je ne suis pas fou, c'est déjà ça!) et mon compte a été débité quand même. Il me rembourse le montant du billet mais ne me rembourse pas les 10 euros d’amende. Je demande pourquoi? Car j’estime qu'il s'agit d’une faute technique de la SNCF, il me répond avec le sourire, c’est comme ça!
-->+ 15 minutes d’attente au guichet

Après une journée bien intense (un nouveau projet assez excitant, mais pour l'instant un peu secret), je retourne à la gare, je rate mon train (normal!), j'essaye donc de faire un échange de mon billet sur une borne (sur quatre bornes, la première est en panne). Sur l’écran un message m'indique que c'est impossible de changer ce billet. J'ai pris un tarif « Pro » pour pouvoir justement échanger mon billet facilement. Je demande à l'accueil de la gare, et l'on m'indique que je n'ai pas besoin d'échanger mon billet si je prends le suivant avec mon billet « pro ». La borne de la SNCF, ne peut-elle me l'indiquer directement au lieu de me renvoyer un message d’erreur? Nous étions deux dans le même cas.

J'attends mon train de 19h 02 (pour les spécialistes;-) et là un message avec la jolie voix préenregistrée dans le hall de la gare, par suite d'un incident, le train allant vers Paris aura un retard de 30 minutes.
20 minutes plus tard, par suite d'un incident, le train allant vers Paris aura un retard indéterminé...
45 minutes plus tard, par suite d'un incident, le train allant vers Paris aura un retard d’une heure.
20h 10, me voilà enfin parti....
J’entends ma voisine dire «au lieu de battre des records de vitesse, la SNCF devrait juste faire arriver ses trains à l’heure ce serait bien déjà bien»;-)

Me voilà à Paris vers 23h15!
En sortant, des agents de la SNCF distribuent de petites enveloppes nous permettant de renvoyer notre billet pour un éventuel remboursement. Je vais voir ce que cela donne, réponse dans les semaines suivantes.

Résultat des courses : 2 heures de perdues + 15 euros d'amende...

Les points positifs : j'ai pu écrire dans le train ce petit texte afin de me calmer, et regarder deux très bons films de zombies (le cultissime The Night of the Living Dead de Romero et Dawn of the Dead l'adaptation de Zombie avec ses zombies bien énervés) à la grande surprise de ma voisine assise à mes côtés dans le train;-).
ps : Je suis dans ma période Zombie en ce moment, après avoir vu Diary of the Dead samedi dernier, j’ai décidé de revoir tous les films de Romero (parfait pour débuter ses vacances à la plage;-).

Se faire rembourser par la SNCF

Se faire rembourser quand il y a un problème sur la ligne qui n'est soi-disant pas de la faute de la SNCF (problème sur la ligne, les rails... cela m'est arrivé deux fois en six mois entre Paris et Rennes par exemple...) est impossible.
Premièrement comment en être sûr? honnêtement je ne fais pas 100% confiance à la SNCF.
Deuxièmement, connaissez-vous beaucoup de sociétés qui quand elle estime que ce n'est pas de sa faute ne vous remboursent pas?
Quand vous avez un problème avec votre téléviseur, la Fnac, Darty... vous le remplacent et s'arrangent avec le constructeur après (assurance, échange...), même si ce n'est pas la faute du vendeur. Personnellement quand je ne peux rendre mon travail dans les délais, même si ce n'est pas entièrement de ma faute (crash de disque, un graphiste qui se sauve durant un projet, panne du réseau Internet, je me casse un bras...) je ne renvoie pas mon client chez le réparateur de disque dur ou vers Orange. C'est de ma faute et je l'assume et je m'arrange avec le client.

Le prix des billets de la SNCF
exemple pour un aller et retour Paris-Rennes en TGV.
108.40 euros en deuxième classe Pro et un peu plus de 4 heures de voyage (quand tout va bien!)
je compare au trajet en voiture :
Cela me coûte exactement un plein d'essence (85 euros) (Maj + 26 euros de péage) et 6 heures de trajet porte à porte (de chez moi aux Beaux-arts de Rennes) Donc si je compare je gagne en train à peine 30 minutes (car une fois arrivé à la gare Montparnasse j'ai encore 30 minutes de trajet et de la gare de Rennes aux Beaux-arts encore 30 minutes).

Je gagne donc une heure par le train, pour le même prix que la voiture
Si jamais je voyage avec une autre personne, nous arrivons donc à une différence 110 euros entre le train et la voiture (deux billets moins un plein d'essence + péage)...
Même en rajoutant le prix de l’assurance de la voiture... l'usage de la voiture est encore largement moins onéreux.

Conclusion, la voiture est donc moins chère que le train!,
on croit rêver, les prix de la SNCF sont si exorbitants qu’ils poussent les gens à prendre leur voiture (de la à penser que Renault a un accord secret avec la SNCF il n'y a qu'un pas ;-).
On nous raconte toute la journée que la voiture c'est mal (surtout les 4X4), que c'est dangereux et que ça pollue. mais existe-t-il une alternative? Le gouvernement et les usagers devraient forcer la SNCF à baisser ses prix afin de promouvoir les transports en commun à la place de la voiture.
On va me dire que la SNCF offre des prix à tarifs réduits, ils font des promos, des offres « privilèges », des cartes de réductions... Oui! Mais à moins de passer vingt minutes à chaque fois que vous prenez un billet et réserver vos billets deux mois à l'avance, il est très difficile d’obtenir des réductions. Le système de réduction de la SNCF est compliqué exprès afin de rendre la recherche du meilleur prix la plus laborieuse possible. La SNCF est un service public, pourquoi se comporte-elle comme la pire des sociétés privées??
De plus je déteste cette manie marketing de nous donner ces cartes de fausses réductions (S'Miles, carte de fidélité...) permettant de nous faire croire que l'on fait de bonnes affaires.

De même, dans Paris, avez-vous pris un autobus vers 18 heures avec une poussette? Et bien c'est simple vous ne rentrez pas dans la bus!
Les transports en commun aux heures de pointes sont absolument inhumains dans Paris. Même dans le métro de Tokyo (que j'ai la chance d’avoir pratiqué) aux heures de pointes cela se passe mieux, les tokyoïtes étant plus respectueux envers les autres.

La RATP, pourquoi devons-nous prendre un billet de métro, puis racheter un autre billet pour prendre après un bus de la même RATP?? Pourquoi ne pas avoir un ticket par jour (ou par mois) à très bas prix (2 euros par jour me semble raisonnable) permettant de prendre un bus, un RER, un métro, un tramway ou même un Velib de manière indifférenciée. Cela évitera de voir autant des voitures avec une seule personne à l’intérieur bloquer Paris et sa banlieue de 6 heures du matin à 20 heures le soir.
Le fait de rendre presque gratuit les transports en commun, permettrait d'éviter la resquille, faire des économies sur la surveillance...
bon je m’énerve encore et je m’égare de nouveau ;-)....

mercredi 16 avril 2008

SNCF, doit-on vraiment en arriver là?

Je vous conseille la nouvelle campagne de communication de la SNCF, si bien nommée. Elle est absolument surréaliste, en effet la SNCF ayant sûrement des retours pas toujours très positifs sur son site Web (c'est le moindre que l’on puisse dire), elle a décidé de faire une campagne de pub «pour que ça rentre» (la mission de la Pub!). Bien sûr, si le public n’apprécie pas ce site, c'est qu'il doit être totalement stupide et idiot, mais on ne va jamais remettre en question la qualité de notre outil (le site sncf.com ou voyages-sncf.com c’est en gros la même chose) ou de notre communication. La SNCF aurait pu dépenser son argent dans l’amélioration du son site Web, mais non, elle préfère dépenser de l'argent dans une nouvelle campagne encore plus honteuse et agressive envers ses usagers, histoire d’enfoncer le clou bien loin (dans notre tête).
Utiliser la menace pour aller sur le site de la SNCF, je n'y avais jamais pensé, mais je ne sais pas comment va réagir le public cette fois?

Bravo! (sincèrement) à l’agence ayant réussi à vendre cette campagne, d’un cynisme et d’une agressivité peu commune.


Maj :
La SNCF pollue même l’interface de DailyMotion (pour que «ça rentre»), de plus on vous propose d’envoyer vos idées (le WEB 2.0, une vraie chance pour les agences de pub sans aucunes idées un peu originales;-)
Je pense qu’il s’agit d’une suite de fausses-vraies vidéos pathétiques postées sur cette page, ou alors je ne comprends pas trop le délire ;-)



--> merci Marie pour l’info

jeudi 3 avril 2008

Destroy

Une très bonne idée pour se détendre de manière totalement idiote ;-)
--> www.netdisaster.com

vendredi 19 octobre 2007

SNCF, même les machines font grève

Quelques photos prises ce mercredi 17 octobre à la gare SNCF de Montparnasse de Paris (à 6h 45). En gros, un distributeur sur deux en panne. Je vais au guichet prendre un billet, on m’annonce que le système informatique est en vrille, impossible d'obtenir un billet au guichet, veuillez vous diriger vers les distributeurs automatiques, merci !!!!!!!!

J’arrive tout de même à la gare de Rennes (je suis prof aux Beaux Arts de Rennes), deux heures plus tard, même scénario (dernière photo).

Entre le fameux site internet SNCF.com, les distributeurs automatiques et leur système informatique, je me dis que je suis très content d’avoir un vélo (surtout aujourd’hui ;-)

En discutant avec des agents de la SNCF au guichet à Rennes, et en expliquant que leur site Web était vraiment perfectible (pour être poli), ils étaient tout à fait d’accord avec moi et ils m’ont même fait comprendre que c'était peut-être presque fait exprès pour faire revenir les gens vers les guichets. En effet, au guichet vous avez un contact beaucoup plus sympathique et surtout, cette personne en face de vous peut vous aider beaucoup plus facilement dans les méandres des nouveaux tarifs, différentes options, tarifs réduits... imaginés par le marketing de la SNCF.


et pour fêter ça une petite image du logo TGV.

lundi 3 septembre 2007

sncf.com est un des sites les plus fréquentés de France mais c'est aussi un des pires

Après un long silence sur le blog et pour fêter les 70 ans de la SNCF, un petit texte sur le site web de la SNCF qui est un des sites les plus consultés de France (même s’il n'est pas dans le top 10 mais juste deuxième dans la catégorie e-commerce) et pourtant, c'est aussi le plus horripilant (pour moi).

attention
Dès que je parle de la SNCF, je sais que je vais avoir beaucoup de réponses plus ou moins énervées. C'est assez amusant de voir qu'a chaque fois que l'on touche a ce pseudo symbole français beaucoup de personnes se sentent personnellement attaquées. Donc, quelques petites précautions s'imposent.
Le système ferroviaire marche généralement très bien en France, les trains partent à l’heure et arrivent à l’heure. Les contrôleurs sont depuis quelques années de plus en plus sympathiques (ils ont même parfois le sourire...), les réservations marchent aussi très bien (vous recevez même très vite vos billets par la poste)... bref si vous voulez voyager en train c'est assez facile et pratique en France (surtout si vous passez par Paris, car si vous voulez faire un voyage de la Bretagne vers les Alpes par exemple, bon courage)
Mais cela n'empêche pas de remarquer ce qui ne marche vraiment pas et terni l’image de cette société de service public.
Je vous passe les difficultés pour se faire rembourser un billet en cas de retard de la SNCF, vous devez retirer votre avoir à un guichet dans une gare (il faut bien compter à Paris deux heures dans une journée, j’ai testé pour vous), ou la catastrophe des nouvelles rames soi-disant conçu par Christian Lacroix.

identité visuelle
Nous pourrions aussi parler pendant des heures du logo de la SNCF (vous pouvez aller voir le site, plutôt bien fait : www.sncf-ideesdavance.com, qui explique ce fameux logo) et de son identité visuelle, mais je préfère laisser parler monsieur Roger Tallon dans un « ancien » numéro du magazine CRASH.

« Quand je dis qu’il n’y a pas de culture en France, je ne parle même plus du design. Il n’y a même pas de culture graphique. Surtout quand j’entends un responsable commercial dire « ça fait neuf ans qu’on n’a pas changé notre logo ». Un logo, quand il est bon ça ne se change pas, ce n’est pas un besoin. C’est juste qu’a chaque fois, dans toutes les entreprises où les dirigeants se succèdent, ils veulent changer quelque chose, pour marquer leur passage.
Mais s’il n’y avait que ça…, il n’y a plus de culture, ni chez les dirigeants, ni chez les exploitants, ni dans le public puisque tout le monde s’en fout. En ce moment ça y va, EDF, Gaz de France, mais le pire c’est quand même les aéroports de Paris, la Tour Eiffel qui s’envole. Oh la la ! C’est une bouffonnerie, la SNCF, ce n’est rien à côté. Alors là, on est tombé très très bas. Et personne n’a le culot de le dire, parce qu’ils espèrent tous faire le logo suivant. Ça sera d’autant plus facile. »
--> Rien à dire de plus sinon un lien vers mon bêtisier 2005 ;-)

Le site le plus visité de France ?
Régulièrement, je m’entends dire : tu n’aimes pas le site web de la SNCF, mais c'est un des sites les plus consultés en France ! Oui, peut-être, mais avez-vous le choix d'aller ailleurs quand vous désirez acheter un billet de train en France ?
C'est assez facile pour la SNCF de faire du trafic avec son monopole. Même en faisant le pire site du monde, la SNCF aurait toujours un trafic très important, car vous n’avez pas le choix si vous voulez acheter un billet en ligne (ce qui est parfois très pratique, je précise).

Ce site est totalement illisible et confus, il emprunte les pires codes graphiques des sites portails très bas de gammes. On se croirait sur CDiscount ou Surcouf (voir un site porno;-).
Avant de trouver le lien permettant de commander votre billet, vous aller y passer un bon moment. On vous propose tout et n'importe quoi dès la première page.
On privilégie comme d'habitude une lecture verticale. J'ai l'impression que personne n'a jamais remarqué que nos écrans sont plus horizontaux que verticaux (et de plus en plus avec les écrans 16/9 et les barres de navigations de nos FireFox, Safari, Opera ou Explorer). Lire verticalement sur un écran horizontal avec les ascenseurs n'est pas pratique et gène considérablement la lecture et donc la compréhension (par exemple, cet article sur ce blog qui utilise lui aussi une structure verticale!). Il serait bien plus intelligent d'utiliser l'écran sur toute sa largeur, mais cela arrive très rarement.
C’est une parenthèse, mais je n'ai pas d'explication précise à ce phénomène. Cette propension à faire des sites verticaux sur des écrans horizontaux peut venir de vieilles habitudes graphiques venant de la lecture sur papier (les formats des livres sont généralement verticaux), ou de la structuration du langage HTML?

Personnellement quand je vais sur un site comme Cdiscount je sais ou je vais et ce que je risque. C'est une sorte de grosse braderie ou je vais devoir fouiller, trier, découvrir, me perdre... un peu comme sur Ebay. Se perdre dans ce genre de site fait parti du contrat implicite établi avec l'utilisateur, cela fait parti de la règle du jeu et l'on peut même prendre du plaisir à ce genre de navigation et se retrouver à acheter l'intégrale de Leslie Nielsen sans s'en apercevoir ;-)
Par contre quand je vais sur le site de la SNCF je sais d'avance ou je vais et ce que je veux (généralement un billet aller et retour vers une destination précise à une date précise). Je trouve donc qu'il n'y a rien de plus horripilant que l'on me propose un hôtel à Venise alors que je cherche à aller à Lille pour un rendez-vous professionnel.

Exemples des deux premières pages du site sncf.com :


La première page est centrée, vous arrivez à trouver par bonheur le lien vers «L'agence de voyages en ligne» et vous vous retrouvez dans un environnement totalement différent et cette fois-çi la page est ferrée à gauche!.
On se retrouve donc devant une horreur graphique et ergonomique, visiblement volontaire afin de faire cliquer le pauvre internaute à gauche ou à droite et récupérer un ou deux centimes d'euros ici ou là, merci le service public!
J'ai entouré dans un cercle bleu la partie utile à un usager classique.
Ce site mélange agence de voyage, location de voiture, une croisière en bateau, du trekking, des voyages à l'étranger... et aussi accessoirement il permet la réservation et la vente de billet de train.
Je voudrais juste signaler à la SNCF, que quand je viens sur son site, c'est bon, je suis prêt à acheter un billet, à donner de l’argent, donc arrêtez d'essayer de me vendre autre chose. Ce site me fait penser aux vendeurs en porte à porte qui dès qu'ils ont pu mettre un pied chez vous, ne partent pas de chez vous avant que vous ayez pu acheter trois téléviseurs et deux canapés.

Les dérives de la SNCF
Je ne vous parle pas du spam incessant par mail que fait la SNCF et que vous ne pouvez pas définir en tant qu’indésirable dans votre logiciel de mail, car il vous bloquerait les mails de confirmations d'achat de billet en ligne.
On peut heureusement faire arrêter le Spam de la SNCF, en allant sur un formulaire (bien sûr) assez compliqué.
Nous pourrions aussi parler du délai d'attente (avec de la pub) totalement exagéré lors de vos recherches.

Toujours dans la même dérive, la SNCF développe, par exemple, aussi un site de rencontre : http://idtgvandco.idtgv.com/. Et et oui vous ne rêvez pas, après vouloir nous louer des voitures et des chambres d’hôtels, la SNCF se fait passer pour Meetic.

Le téléphone + un être humain c'est beaucoup mieux
Il existe un numéro de téléphone (36 35 à 0.34EUR TTC/min) permettant de réserver un billet à la SNCF. Vous allez tomber sur un être humain, qui va juste vous aider à trouver votre train, sans essayer de vous vendre un billet pour le Venezuela avec 20 nuits d'hôtel en Grèce alors que vous vouliez juste un Paris-Bordeaux.
il faut aussi noter, que par téléphone vous arrivez facilement à obtenir des réductions et des conseils permettant d'optimiser vos trajets.
Je soupçonne même la SNCF de faire ce site web aussi confus afin de rendre les éventuelles réductions possibles totalement invisibles. En effet, dans ce site web, les éventuelles réductions sont si bien cachées et déguisées, qu’en fin de compte vous préférez souvent payer le plein tarif que de passer 30 minutes à chercher une hypothétique réduction.

Ce site est une vraie punition
Je pourrais continuer longtemps les exemples (et je n'ai pas parlé de la qualité graphique du site, je me retiens ;-), mais nous voyons donc clairement que la SNCF se calque sur le comportement des sites «Hard-Core» commerciaux.
Honnêtement je ne comprends pas cette vue à très court terme (faire de l'argent avec des liens commerciaux à l'intérieur de son propre site), cela décridibilise totalement la SNCF, cela en fait même un ennemi potentiel pour le client que je suis. Dès que je reçois un mail de la SNCF, c'est rarement pour me faire plaisir, le clic vers « corbeille » ou « indésirable » n'est pas très pas loin.
Le site web de la SNCF devient donc un site «punition», vous allez rarement sur ce site avec le sourire, ce site est une vraie corvée.
La SNCF arrive donc à transformer une action très simple et facile : acheter un billet de train, vers une expérience pénible et horripilante.
Après avoir acheté un billet sur ce site, vous avez une petite impression de vous être fait un peu avoir. J'ai perdu beaucoup de temps et je suis pas sûr d'avoir obtenu mon billet au meilleur prix (si je compare au fait de me déplacer ou de téléphoner à un guichet). J'ai toujours un doute.
La SNCF arrive donc à vous faire comprendre qu'utiliser le téléphone est beaucoup plus pratique et efficace que de se servir d'un site web pour obtenir des billets de train. Pourquoi pas!, je ne suis pas dans les secrets de la stratégie marketing un peu compliquée de la SNCF ;-)

Imaginez un guichet dans une gare ressemblant au site web de la SNCF ; -)


la concurrence à l'étranger
Une chose amusante est de regarder les sites des autres pays :
en Allemagne: http://www.bahn.de
en Suisse : http://www.sbb.ch/fr/
en Italie : http://www.ferroviedellostato.it/
et en Espagne : http://www.renfe.es/

Allemagne

Italie

Espagne

Suisse

Comme vous pouvez le remarquer, tous ces sites sont beaucoup plus clairs et simples. Pas ou presque pas de pubs, on reste sur l'essentiel dans ces sites. Même sans parler la langue vous pouvez presque commander un billet de train sans aucun problème.

Une autre chose amusante, c'est la version hollandaise du site SNCF, très simple et lisble, donc un conseil, si vous retournez sur ce site, utilisez la version hollandaise ;-)


conclusion
Nous sommes donc devant le site web d'une société de service public (donc à priori à notre service) qui imite voir dépasse les attitudes détestables des sociétés privées les plus médiocres. Bref, on nous prend pour des idiots une fois de plus, mais c'est d'autant plus grave avec la SNCF, car nous n’avons pas le choix d'aller ailleurs. Vous pouvez détester TF1 et M6, mais personne ne vous oblige à regarder TF1 sur votre télé, l’offre étant très variée à la télé, vous pouvez tout de même faire un autre choix (voir éteindre votre télé).
Une citation de Louis Gallois trouvée dans la charte du service public de la SNCF :
«La SNCF croit en l’avenir et en la modernité du service public», si cette modernité du service public passe par ce site web, vous savez ce qui vous attend dans l'avenir.

J’aime aussi beaucoup la bannière en haut du site SNCF, annonçant fièrement : «Élu (sans accent sur le E) meilleur site de voyages», je crois que la SNCF confond site avec le plus de visiteurs et le meilleur site, qui est une notion beaucoup plus subjective et surtout cette notion prend en compte beaucoup plus de paramètres que le seul nombre de visites.

Pour terminer tout de même sur une note positive, il existe heureusement un petit soft très bien, très simple et sans pubs pour connaitre les horaires de la SNCF sur MacOSX sans avoir à passer par le site web : SNCFSchedules

et aussi des spots TV assez réussis de la SNCF: http://www.atelierdesidees.sncf.com/

ps : il existe des web ou vous pouvez acheter des billets SNCF sans passer par le site web SNCF mais à chaque fois vous devez prendre votre billet avec un hôtel ou une voiture...

ps2 : une vidéo très intéressante concernant les sites portails par Peter Gabor. Il y détaille les sites SFR et Orange.

mercredi 20 décembre 2006

Un safari typographique dans ma penderie


Voici le texte de mon premier article paru dans Magazine au mois de septembre 2006 concernant les logos dans le monde de la mode.

--> l’image servant d’illustration à cet article.

Un safari typographique dans ma penderie

Par un dimanche après midi pluvieux, je me lance dans un safari typographique dans mon appartement – je suis graphiste de formation, ce qui peut expliquer certaines de mes obsessions. Un safari typographique consiste à chercher des typos, des logos ou des signes infiltrés sournoisement dans votre vie quotidienne. Je commence par ma bibliothèque : les logos Gallimard, Flammarion, Hachette, Harraps, Taschen, Phaidon, puis ma cuisine : Barilla, Panzani, Amora, Magimix, Nestlé... ; pas de grande surprise. Mais soudain, en pénétrant dans ma chambre, ma penderie toutes portes closes, me procure un étrange pressentiment. Je pense avoir découvert un vrai nid à logos, une vraie mine typographique intarissable. Entre les cintres, je croule immédiatement sous un déluge de logos, de signes de marques : Pantashop, Petit Bateau, Prada, Chanel, Yves Saint Laurent, Issey Miyake, Balenciaga, A.POC, Paul Smith... ; d’accord, j’exagère un peu. C’est ma plus grande concentration de logos au centimètre carré, ils sont partout : chemises, chaussettes, sous-vêtements, manteaux...

Si on organise ces marques-logos en tableau chronologique, on remarque immédiatement que le monde de la mode n’utilise pas d’acronymes (sauf très rares exceptions comme APC pour Atelier de Production et de Création ou A-POC pour A Piece Of Cloth), contrairement aux autres industries (EDF, GDF, SNCF, IBM...). C’est ici le nom des créateurs initiaux qui est le plus souvent employé. La marque se développe donc dès son origine autour d’une personnalité et non pas d’un service comme dans la plupart des autres industries.

A y regarder de plus près, on peut établir six catégories formelles :
• les «classiques », qui se distinguent par l’emploi simple d’une police de caractère liée à l’époque de sa création : Hermès (police de caractère de la famille des mécanes du XIXe siècle), Burberry...
• les neutres constituent la grande majorité, : le plus souvent une police de caractère bâton (linéale) employée en capitale : Chanel, Fendi, Balenciaga, Céline...
• les signatures ou griffes (très années 70-80) qui concentrent encore plus l'attention sur le créateur d’origine et qui personnalisent le vêtement. L’utilisation de ce type de logo pourrait être considérée comme la signature d’une œuvre d’art : Thierry Mugler, Paul Smith, Agnès B, Yoshi Yamamoto...
• les cyniques (ou postmodernes) : Jean-Paul Gaultier (faux pochoir très années 80), John Galiano (avec une typo gothique/tatouage, faussement mauvais garçon), Vivienne Westwood (très tête couronnée) , Wendy et Jim (reprise du logo YSL)...
• les fameux «&» ou «+» de la mode : Wendy & Jim, Paul & Joe, Marithé et François Girbaud...
• et une dernière catégorie très surprenante, que je nommerais les didactiques. En effet, ces logos expliquent le concept même du vêtement qu’ils représentent. Ils signifient une idée plutôt que la personnalité d’un créateur, notamment pour deux marques liées à Issey Miyake : A-POC (le logo reprend le système de découpe lié à cette marque) et Pleats please (logo reprenant les fameux plissés dans la forme des lettres du logo).

Dans l’ensemble, ces logos sont presque anonymes et sans personnalité propre. En réalité, ils essayent d’être intemporel, sans attaches au temps présent, contrairement aux vêtements qui sont eux, par essence, démodés très rapidement. Même si le plus magnifique est sans contestation possible celui d’Yves Saint Laurent, dessiné par Cassandre en 1963 (un de nos plus grands graphiste et affichiste français, Dubo, Dubon, Dubonnet, c’est lui), élégance, modernité, rythme, finesse... bref un des rares logos à avoir une vraie personnalité. Il affiche un désir, une intention, s’affirme et prend position, ce qui est très rare.

Pourtant, malgré cette apparente neutralité, ces logos « fonctionnent », c’est-à-dire, qu'instantanément, on différencie un Chanel d’un Dior ou d’un Burberry même sur une petite étiquette pas toujours bien cousue ni imprimée. Une des raisons essentielles de ce succès est que le monde de la mode a eu, depuis des années, l’intelligence de garder ses logos d’origine. A la grande différence des autres industries, les marques liées à l'univers de la mode conservent contre vents (le marketing) et marées (l’arrivée de nouvelles directions) leurs identités visuelles originales. Des adaptations sont inévitables, généralement tous les quinze ans, mais en gardant toujours l’esprit du logo premier. Les grandes marques de mode sont totalement insensibles aux modes graphiques relatives au dessin des logos.

En effet, la tendance actuelle, imposée par les agences de communication, privilégie les formes rondes et molles. Pour exemple, l'année 2005 fut en France riche en nouvelles identités médiocres, toutes calquées sur le même modèle : SNCF, ANPE, Aéroport de Paris, EDF... Visiblement, pour ces sociétés, il s'agit juste d'une course contre la montre, à celle qui changera le plus souvent de logo, en espérant que ce changement d'image fasse croire aux actionnaires (ou futures actionnaires comme pour EDF ou GDF) que la société reste dynamique et pleine d’avenir. Ça ressemble beaucoup à de la gesticulation graphique sans aucun fondement. Il est très surprenant de constater qu’une entreprise comme la SNCF, ayant une fonction simple et presque immuable; nous transporter d’un endroit à un autre par voie ferrée, change d’identité visuelle presque tous les cinq ou dix ans.

A l’opposé, le monde de la mode, pourtant par essence soumis aux nouvelles tendances, s’accroche à ses logos, comme à un pilier, à une boussole permettant de se repérer au milieu de ce maelström de formes, de tendances, de matières et de couleurs sans cesse contradictoires d’année en année. Ces logos remplissent donc totalement leurs rôles, puisqu’ils signifient et signent la marque discrètement, permettant aux vêtements de garder leur autonomie et leur identité propres, liées à leur époque.

vendredi 21 avril 2006

Roger Tallon

En lisant un « ancien » numéro du magazine CRASH, je suis tombé entre deux photos de jeunes adolescentes déprimées sur une interview très instructive de Roger Tallon par Jesse Brouns.

Il nous parle de son expérience, de la notion du design et de ses travaux pour la SNCF. Je vous cite les dernières phrases de cet entretient :

« Quand je dis qu’il n’y a pas de culture en France, je ne parle même plus du design. Il n’y a même pas de culture graphique. Surtout quand j’entends un responsable commercial dire « ça fait neuf ans qu’on n’a pas changé notre logo ». Un logo, quand il est bon ça ne se change pas, ce n’est pas un besoin. C’est juste qu’a chaque fois, dans toutes les entreprises où les dirigeants se succèdent, ils veulent changer quelque chose, pour marquer leur passage.
Mais s’il n’y avait que ça… il n’y a plus de culture, ni chez les dirigeants, ni chez les exploitants, ni dans le public puisque tout le monde s’en fout. En ce moment ça y va, EDF, Gaz de France, mais le pire c’est quand même les aéroports de Paris, la Tour Eiffel qui s’envole. Oh la la ! C’est une bouffonnerie, la SNCF, ce n’est rien à côté. Alors là, on est tombé très très bas. Et personne n’a le culot de le dire, parce qu’ils espèrent tous faire le logo suivant. Ça sera d’autant plus facile. »

--> Rien à dire sinon un lien vers mon bêtisier 2005 ;-)

Et aussi dans la série des grandes catastrophes graphiques nationales :
J’ai reçu la semaine dernière un mail de Bruno Monguzzi me précisant son apport essentiel au design du logo du musée d’Orsay. Il me signalait aussi que ce logo n’était plus en service, remplacé par un autre insignifiant au cours de la venue d’une nouvelle direction (sans aucune culture graphique visiblement, ce qui me parait très inquiétant quand on est responsable d’un musée).
Par contre sur le magnifique site web du musée, il semble que l'ancien logo soit conservé!

mardi 21 mars 2006

de l'incohérence de l'identité visuelle de la SNCF


Voici juste quelques photos prisent la semaine dernière dans un même wagon de la SNCF. Si vous regardez bien ces logos et autres signes que l'on trouve dans un wagon, vous pouvez remarquer que la cohérence visuelle n'est pas du tout respectée. En effet dans un seul et même wagon on peut trouver 5 à 6 versions différentes du logo de la SNCF (nous passons par celui de 1967, puis par celui de Roger Tallon datant de 1985, celui de Desgrippes réalisée en 1992 et pour finir en beauté par le dernier logo.). Idem pour la signalétique, qui mélange joyeusement différentes époques, sans aucun lien entre elles.
Bref ce n'est pas la peine de payer une fortune la refonte d'un logo (qui ne sert à rien, la SNCF n'ayant pas de concurrent sur le territoire français, je ne vois pas trop pourquoi elle persiste à vouloir mettre son empreinte partout) si on n'est pas capable de l'appliquer globalement (ce qui est compréhensible vu le nombre de trains, wagons… que possède la SNCF).

--> historique des logos de la SNCF : http://spaces.msn.com/dudujones/Blog/cns!1pcE-G0ACplw99jOmv3tib2w!390.entry


C'est un peu le même problème avec la Poste, comment répercuter le changement d'un logo sur toutes les postes, les voitures, les camions, les vélos, les sacoches... c'est impossible :-(


Sur cet exemple on peut voir le mélange incohérent de la nouvelle typo sous le nouveau logo (pas de commentaires ;-) avec l'ancienne typo pour le nom du bureau de Poste.

vendredi 16 décembre 2005

le grand bêtisier graphique de cette année 2005 suite...

À propos de ces nouveaux logos, je vais essayer de m'expliquer, même si c'est un peu en vrac :

Premièrement, en regardant ces nouveaux logos, ils appartiennent tous (ou presque) à la même catégorie, des formes molles et douces, soit disant à la mode (dans les agences de communication, car la notion de "à la mode" est très subjective ;-).
Tous ces logos ressemblent à des logos de yaourts aux fruits (courbes souples et douces, couleur acidulée…). Ce genre de forme et de vocabulaire graphique marche très bien pour du yaourt dans nos supermarchés, mais pour une entité comme la SNCF ou l'ANPE, je ne suis pas sûr que ce code graphique les reflète bien.

Je ne m'étends pas sur le manque d'originalité des propositions par les agences françaises. Que ce soit Carré noir, Desgrippes, Dragon rouge, plan créatif… toutes les propositions des agences se ressemblent et sont interchangeables (elles sont "tendances";-). On ne peut pas reconnaitre la marque graphique ou créative d'une agence par rapport à une autre. C'est lisse, sans aspérités, sans histoire, sans plaisir, bref une grosse bassine d'eau tiède (référence au film "this is Spinal Tap";-)

Ces images reflètent bien le consensus et les centaines d'heures de réunion entre les services communication et marketing de ces entreprises et des agences. Avec, au bout un graphiste (dans le meilleur des cas) complètement déprimé de faire sa cinquantième proposition (au minimum).

Pour moi un logo ne doit pas être "à la mode" mais refléter l'identité d'une société. Les logos d'entreprises comme la SNCF, les banques… doivent être presque intemporels, ils doivent être reconnaissables et efficaces dans leurs compréhensions. Ils doivent marcher en noir et blanc (et oui je suis de la vieille école).
Bien sûr il faut régulièrement les réajuster (redessiner quelques lignes, actualiser la typo d'accompagnement…) afin de les actualiser (tous les dix ans), mais pas les changer suivant les lubies d'un nouveau directeur voulant poser sa marque et influencé par des agences ne cherchant que le profit immédiat (je caricature, mais je ne pense pas être loin de la vérité).
Il s'agit juste d'une course contre la montre, à celui qui changera le plus souvent de logo, en espérant que ce changement d'image fasse croire aux actionnaires (ou futures actionnaires comme pour EDF, GDF…) que la société est très dynamique. Cela ressemble beaucoup à de la gesticulation graphique.
Personnellement je préfèrerais que la SNCF ne change pas d'image graphique, mais que les TGV soient mieux agencés, que l'ergonomie de leur site web soit amélioré et que leur borne/guichet fonctionne (par exemple), cela permettrait d'améliorer beaucoup plus efficacement l'image de cette société. Que cet argent serve à améliorer les choses à l'intérieur de l'entreprise.
J'imagine la tête d'un employé de la SNCF quand il a vu le prix facturé par l'agence de communication pour le changement de logo de son entreprise, en gros trois mille ans de salaires ;-) je ne suis pas sûr que ce genre de pratique améliore beaucoup le dialogue entre les employés et la direction.

Je ne nie pas qu'il faille réactualiser l'image de marque des sociétés, mais je ne pense pas que changer le logo (s’il est honorable) soit la priorité. Il vaudrait mieux changer la manière d'utiliser le logo, changer ou redessiner la police de caractère d'accompagnement, réactualiser les couleurs de la charte, changer la direction artistique au niveau des choix des images (photos, illustrations…), bref changer et faire évoluer les autres éléments constituant l'identité graphique.

ps : Je n'ose pas parler du prix de la refonte de l’image de l’ANPE, vue le pourcentage du chômage actuellement, c'est une très bonne idée dépenser une fortune dans l'élaboration de ce nouveau logo.

En dessous, l'évolution du logo de la SNCF,
Celui de Roger Tallon était très bien, je ne vois pas pourquoi il a fallu rajouter une flèche rouge (le symbole du dynamisme dans les années quatre-vingt;-). Cette flèche + la barre en dessous étaient un enfer à caser dans les mises en page, les cartes de visites… à cause de la perte d'espace et donc de visibilité de ce logo. En effet cette flèche et cette barre prenaient une place graphique considérable, cette évolution était plutôt un recul en terme de lisibilité et de simplicité. De toute façon quand on commence à rajouter et à complexifier des éléments graphiques sur un logo, c'est très mal parti. un logo se doit être une épure et non pas un tas de signes plus ou moins bien dessinés.
À propos de la dernière version,
Ce logo est peu lisible, compliqué (des ombres sous les typos par exemple) et surtout le dessin des lettres n'est visiblement pas terminé (les courbes et la forme du C par exemple sont particulièrement disgracieuses). Ce qui gêne la lecture et donc son identification immédiate. L'agence a probablement essayé de remédier à ce problème en rajoutant (le vilain mot;-) un bloc de couleur très vive, mais qui ne vient que rajouter de la confusion à l'image.

ps : j'ai travaillé personnellement chez Desgrippes & associés sur les chartes graphiques de la SNCF à cette époque, je suis arrivé après que la création du logo et je devais donc refaire tout les documents de communication (carte de vite, tête de lettre…) avec cette nouvelle image.
Attention je ne regrette rien, et travailler chez Desgrippes & associés a été une très bonne expérience pour moi. Travailler dans une grande agence pour après passer FreeLance c'est une bonne solution (le contraire c'est plus dur;-).


Voici pour moi une petite liste de logos qui restent et resteront. Curieusement ces logos ne proviennent pas d'agence de communication, mais de graphistes/ateliers ayant une démarche d'auteur (assumant des choix graphiques, ayant une démarche propre et originale) :

Le logo A-POC (dessiné par Pascal Roulin en 2000), ci-dessus, est très intelligent, il est simple, très lisible et surtout il fait comprendre la logique de cette marque de vêtement (issue d'Issey Miyake).
En effet le processus de création des vêtements de la marque A-POC se fait par découpage de formes et de contre formes sans coutures (très malin). Vous achetez des vêtements à découper vous-mêmes.
Ce logo, en plus d'être fort graphiquement, est en même temps didactique. Ce qui est parfait pour sa mémorisation et donc son impact.
--> un petit lien vers une animation de ce logo.

L'exemple du logo du musée d’Orsay (ci-dessous) est aussi très parlant. Ce logo créé par Bruno Monguzzi lors de son association avec Visueldesign Jean Widmer, d'une très grande élégance, est un bon exemple de logo réussit pour moi. La preuve, c'est que ce logo est utilisé (et non pas caché en bas à gauche des affiches comme la plupart du temps) par les graphistes dans les affiches du Musée. On peut jouer avec ce logo, le mettre en grand (comme dans l'exemple de l'affiche de Bruno Monguzzi ci-dessous), le réduire, le multiplier… sur une affiche sans aucun problème. Ce logo devient source d'inspiration pour les graphistes, et non pas une contrainte.


Une autre question, pourquoi les logos (et la communication graphique en général) du secteur culturel sont toujours de meilleure qualité que ceux du secteur privé (ou grandes institutions)? Ce n'est pas une question d'argent, car je ne vous apprends rien, on est bien moins payé dans le secteur culturel.
Une des explications plausibles, c'est le problème du brief créatif (je parle comme une agence de pub;-). en effet je pense sincèrement qu'il n'y a pas de bon projet sans bon client.
La rédaction d'un brief par le client est réellement la clé de voûte d'un bon projet et donc d'un résultat de qualité. Les agences ne devraient pas accepter des briefs complètement flous et sans réel objectif. Cela pose aussi la question de la formation des directeurs de communication dans les écoles...

ps : attention, je ne tente pas de donner des leçons, et de me placer au-dessus, j'essaye juste de trouver des explications au triste paysage du graphisme français.

mercredi 14 décembre 2005

le grand bêtisier graphique de cette année 2005

Et oui, en cette fin d'année il est coutume de voir des bêtisiers de l'année écoulée. En terme de nouveaux logos honteux, cette année fut très riche. En effet toutes (ou presque) nos grandes sociétés ou institutions ont changé d'identité visuelle.
Bref je vous laisse juger par vous-même de l'état du graphisme en France. Je pense qu'à l'étranger ça doit bien rire (surtout les designers, car les autres doivent s'en moquer complètement). Cela démontre aussi l'incompétence totale des directeurs de com et directeurs en tout genre de ces grandes entreprises au niveau de la culture visuelle (j'espère qu'ils sont meilleurs dans les autres domaines ;-) qui acceptent ce genre de chose.
Les agences sont aussi fautives, car elles n'essayent pas d'éduquer graphiquement leurs clients. Ces grandes agences sont juste des prestataires obéissants, et ne proposent que ce leur client attends sans jamais essayer de les surprendre ou d'innover un tout petit peu.
--> et voilà le résultat :-(

Pour le logo d'EDF, c'est Plan Créatif
Pour le logo d'GDF, c'est encore Plan Créatif, très en forme ;-)
Pour le logo de l'ANPE, c'est Euro-RSCG
Pour le logo de la SNCF, c'est carré noir
Pour le logo des aéroports de Paris, c'est W&Cie
Pour le logo du crédit Lyonnais, c'est Desgrippes Gobé et associé (j'ai travaillé pour eux en tant que DA junior il y plus de 13 ans)
Pour le logo de Europe1, je n'ai pas trouvé, l'agence doit avoir honte.

En même temps je ne me lasse pas de celui du TGV, même s’il date de quelques années, il fait toujours plaisir à voir, surtout à l'envers ;-)
Pour le logo du TGV, c'est TBWA, à vérifier

--> pour plus d'infos sur nos jolies marques : museedesmarques.ouvaton.org
--> plus d'infos sur le logo SNCF,
--> plus d'infos sur le logo LCL,
--> et aussi sur press' Citron

Bon d'accord c'est la honte en France, mais en Allemagne c'est pas mal non plus ;-)
Cette chose en dessous c'est le logo de la coupe du monde de foot 2006 qui aura lieu en Allemagne.


ps 1 : je ne parle même pas du prix facturé pour ces logos, ce n’est pas la peine, le résultat c'est juste que nous (les graphistes) sommes complètement décrédibilisés par ce genre de pratique.

ps 2: c'est assez dur de savoir qui fait quoi dans ces identités visuelles de grandes sociétés, si vous avez des infos (par exemple le logo d'Europe1) ou des rectifications je suis preneur.