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Ralph Baer, mémoires

Ralph Baer, mémoires du père des jeux vidéos aux éditions Pix’n Love est la traduction française du livre Videogames: in the Beginning qui est une autobiographie de Ralph Baer.

Ce livre est un témoignage exceptionnel concernant l’histoire des jeux vidéos. Ralph Baer est considéré comme un des inventeurs des jeux vidéos (si on se base sur les dépôts de brevets, c’est bien lui en 1966). Ce livre est assez technique, vous allez découvrir les plans des câblages électroniques des premières consoles de jeux (on ne parlait pas encore d’informatique à l’époque). Ce livre est extrêmement complet et c’est une vraie mine d’information concernant la période assez méconnue des jeux vidéos des années soixante-dix (de 1966 à 1978 environ).


On voit dans ce livre l’importance (malheureusement) des dépôts de brevets dans le domaine du jeu et du jouet (et cela continue actuellement toujours autant, je peux vous l’affirmer en toute connaissance de cause). À chaque nouvelle idée de Ralph Baer et de son équipe, la société Sanders Associate déposait un brevet (validé en trois ou quatre ans à chaque fois). Par la suite, Ralph Baer allait faire des démonstrations à différentes sociétés afin de les aider à sortir concrètement sur le marché ses idées (en échanges de royalties sur les ventes). Par exemple son système de jeu branchée sur un poste de télé fut donc inventé et mis au point par Ralph Baer chez Sanders Associates, mais commercialisé par une marque d’électronique du nom de Magnavox (qui à ma grande surprise existe encore).
Quand on découvre toutes les inventions de ce monsieur, on ne peut éprouver que du respect. Il a inventé la console de salon, des systèmes de jeu connectés à des magnétoscopes (afin d’avoir en fond d’écran de ses jeux des images très réalistes) puis un laser disque, des systèmes de synchronisation avec des cassettes audios, des systèmes de reconnaissance de mouvement (comme Kinect trente ans plus tard), communication par flash lumineux de la télé et d’une interface de jeu, des stylos optiques permettant de dessiner directement sur un écran de télé et de les intégrer dans un jeu vidéo par la suite (que l’on retrouvera dix ans plus tard sur les fameux TO7), des jeux à télécharger via le câble, le premier jeu avec numérisation de visage, de nombreux jeux électroniques dont le Simon… bref la liste est très impressionnante et a donné par la suite de nombreuses réalisations incroyables.

La chose un peu triste, c’est que l’on voit Ralph Baer se démener pendant des années à essayer de convaincre des industriels (en électronique, télé, opérateur téléphonique…) des possibilités de ses inventions mais avec tout de même un succès mitigé. La liste des projets arrêtés, décalés, annulés, torpillés, copiés, bâclés… est assez terrifiante quand on découvre cela avec trente ans plus tard. Et c’est pour cela qu’une grande partie du livre est consacrée aux différents procès et tractations qui ont suivi ces inventions (avec Atari, Coleco, puis Nintendo…).

On comprend donc tout de même l’amertume de Ralph Baer envers son grand rival Nolan Bushnell (le créateur d’Atari), lui aussi ingénieur mais ayant beaucoup mieux réussi financièrement et surtout ayant une plus grande notoriété médiatique que lui. En effet, Ralph Baer est resté très longtemps salarié de l’entreprise Sanders Associates (société travaillant principalement pour l’armée américaine) et n’a jamais créé sa propre entreprise contrairement au créateur d’Atari. Ce livre relate d’ailleurs avec de nombreux détails les procès qui ont eu lieu entre Sanders et Atari concernant de nombreux brevets déposés dans le domaine des jeux vidéos et des interfaces de jeux.

Un seul petit reproche à cette édition de qualité, c’est le fait de ne pas avoir des photos des différentes machines et dispositifs interactifs très clairement exposés. Ralph Baer explique certaines inventions, mais cela reste tout de même assez abstrait (par exemple son système de reconnaissance de mouvement du joueur devant sa télé, un peu comme un Kinect avec 30 ans d’avance). Afin de bien appréhender le génie de Ralph Baer, quelques schémas simples auraient été les bienvenues.

Pour conclure, si vous vous intéressez un peu à l’histoire des jeux vidéos et des jouets, ce livre est essentiel.

–> le site de Pix’n Love : editionspixnlove.com
–> le lien vers le livre de Ralph Baer
–> le site web de Ralph Baer.


2 Responses to Ralph Baer, mémoires

  1. Edwin says:

    Les éditions Pix’n Love déchirent.
    Moi j’ai tout ceux sur l’histoire de Nintendo.

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